jeudi 29 janvier 2009

J'ai le flan qui flanche

En ces jours de solidarité citoyenne, je trouve l'occasion idéale pour faire part à mes lecteurs préférés, d'une part, de mon état dépressif chronique depuis une semaine, d'autre part, d'une grande nouvelle.

Par quoi je commence ?

Bon ok !

Alors la grande nouvelle, c'est que je suis tellement dépressive que pour le moment je n'ai plus envie de cuisiner. Voilà, c'est dit. Je n'ai plus le moral, j'abandonne les fourneaux, je déserte la cuisine, je me tourne vers le sein protecteur des plats cuisinés surgelés et de la purée instantanée. Tant pis pour l'humanité, elle devra se passer de l'Angelina's touch pour le moment.

Mais que s'est-il passé ?

Tout à commencé à la faveur d'une émission culinaire télévisée. Oui l'émission qui passe en milieu de matinée sur la 3. Je la regarde quand j'ai la chance de tomber dessus. Et quel "bonheur" de voir la charmante animatrice virevolter dans la cuisine de grands chefs, entre les casseroles, les louches, les râpes à muscade, les cocottes en fonte, avec ses cheveux courts, son nez mutin et son tablier à fleurs. Chonchon...

Photo France 3 Aquitaine

Exactement comme j'aimerais être dans ma kitchenette : chantonnant tralalalalère tout en malaxant de mes longs doigts délicats une pâte ni trop ni trop peu gluante, ou épluchant un oignon le sourire aux lèvres, sans la moindre larmichette ni le nez qui pique. Pour elle, tout a l'air facile.

Il faut tout de même savoir que c'est la deuxième fois que cette chipie me refile un tuyau percé. Je vous ai tu, lecteurs ardents, ma mésaventure avec ses tagliatelles aux châtaignes. Je fais la pâte, j'étale, je découpe au couteau, comme elle l'explique de sa voix cristalline entre deux petits éclats de rire, hihihihihi... Ben, ça découpe pas. J'ai beau fariner, ou ça colle, ou ça se casse, ça se déchire, requiem pour une tagliatelle. Et mierda.... Je vous passe les détails sur la cuisson, où ces péta**es de tagliatelles au châtaignes ont décidé de se syndiquer, de se mettre en boule et de cuire toutes en même temps en un gros paquet mou, chaud et collant.

Mais, je m'appelle Angelina ou je ne m'appelle pas Angelina (à vous de choisir), en tout cas je ne renonce pas, et cette affriolante recette de flan au coco et zeste de citron vert m'a tout de suite chatouillé le neurone de la concupiscence gastronomique.

Déjà, charmante animatrice qui m'énerve, sache que tu as beau répéter trois fois la recette et afficher pendant 30 longues secondes les ingrédients et les quantités nécessaires, on n'a jamais le temps de noter. Et si d'aventure, il m'arrive de réussir à tout noter, toute fiérote de moi, c'est pour m'apercevoir une fois dans ma kitchen, que je n'arrive pas à me relire, parce que mince, j'étais devant la télé, que c'est pas facile de regarder, d'avoir le réflexe de saisir son stylo et son papier, même s'ils ont été préalablement préparés, de noter, de relever la tête, de retrouver la ligne où on était, de noter la suite, etc... avant que le synthé ne s'efface pour retomber sur ta bobinette ébahie à toi.

Donc, que fait Angelina, auteur de Mes petites fables, trépidante et enthousiaste, toujours de bonne humeur ? Elle allume son ordi, elle se connecte sur internet et elle va chercher la recette sur le portail de ladite chaîne 3, qui soit dit en passant, est un bor**l sans nom.

Il faut croire qu'être bordélique ne leur suffit pas. Ils sont en plus incohérents, imprécis et j'en passe car je suis dépressive et les mots risquent de dépasser ma pensée. Je galère pour retrouver l'EMISSION, puis LA recette, car, bien qu'elle ait été diffusée la veillle ou H-3, il faut la retrouver parmi les 3 milliards d'autres recettes proposées. Toute contente Angelina clique sur "Imprimer la recette". Je passe encore une fois sur les 4 ou 5... ou 6 fenêtres qui s'ouvrent avant de pouvoir imprimer, toujours parce que je suis dans un état neurasthénique et très instable et enfin je me prépare pour THE DAY.

The day, c'est le jour où j'ai enfilé mon tablier, rangé et préparé ma cuisine, le jour où j'ai le temps, le jour où le matin j'ai dit à mon chéri : "Chéri, ce soir c'est la fête. Je vais te préparer un flan." (et dans ma tête je continue : "Tout ça grâce à la 3"). Le jour où je sors tous les ingrédients sur mon plan de travail et où je me surprends à commenter toute seule chacun de mes gestes, pensant peut-être qu'une caméra de M6 est en train de me filmer à l'insu de mon plein gré pour son émission-phare Un dîner presque parfait.

Tout est prêt, la chaîne hi-fi branchée sur N.E.R.D ou Leonard Cohen, comme il se doit. Et là.... patatras. Les violons dérapent, les chandelles s'éteignent, le disque se raye...

"C'est quoi ces ingrédients ?" J'ai des litres de lait exprimés en cl, 350 de crème mais 350 quoi ? C'est quoi ce boulot, Madame la cuisinière de la 3 (hihihi) si fraîche de dessous les bras même au plus fort de la panique en cuisine ?

Je ravale mon dépit, je tente le coup. J'essaye, j'ajuste. Je réparti le-dit flan dans les ramequins individuels. Je les mets au four en maugréant, en me demandant si je n'aurais pas mieux fait de mettre plus de crème que de lait.

Une demi-heure plus tard, c'est-à-dire après le temps de cuisson échu, les flans sont toujours liquides. Pour faire bonne mesure, je les remets le double de temps à four plus chaud. Une heure plus tard, je reviens et... les flans sont toujours liquides.

J'appelle à l'aide. On me dit que les flans prennent au frigo. Direction le frigo. Le soir au dessert, devant ma tablée, je dois avouer que mes flans sont "encore" liquides et que ça ne sera malheureusement pas pour ce soir. La tablée ne proteste pas, visiblement soulagée d'avoir échappé à une nouvelle expérimentation fabuléenne. Le soir à minuit, et certainement pour me remonter le moral, mon chéri s'écrit plus qu'enthousiaste que "les flancs commencent à prendre" et que "demain ce sera bon !" Je hausse les épaules. Je m'en fous des flans, c'était ce soir le grand soir, maintenant c'est trop tard.

Evidemment les flans n'ont jamais pris et sont désespérement restés à l'état liquide.

Alors voilà, Angelina renonce, Angelina jette l'éponge. Angelina va bazarder les quelques recettes qui lui restent sous le coude et se calmer sur la cuisine.

Et depuis les flans de la 3, c'est la loose. J'ai même réussi à rater un gâteau au yaourt. Mais qu'est-ce qu'il m'arrive ? Que vont devenir Mes petites fables sans sa rubrique-phare "L'eau à la bouche" ? Est-ce que je dois créer une rubrique bricolage ? ou déco ? pour faire bonne mesure ? ou prodiguer des conseils maquillage pour me relancer dans l'univers impitoyable de la blogosphère de blogs de filles en passe de devenir influentes, intelligentes et gardant en toute circonstance un port de reine ?

Vos suggestions, lecteurs bichonnés, seront les bienvenues. Et souvenez-vous, je plie, je ne craque pas.

2 commentaires:

Thomas a dit…

Comme j'aime pas laisser les gens dans la merde culinaire dans laquelle ils sont, je te filerai ma recette de pâte à pâtes ! Je sais, ma bonté me perdra...

Angelina a dit…

Merci Thomas !
Je te l'ai déjà dit mais je te le redis quand même... Tu es un chic type.

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