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mercredi 2 mai 2012

Après le 1er mai, karchérisons l'abstention



J’ai vu un homme aux yeux fragiles
J’ai vu une femme déterminée
J’ai vu une femme soûle
J’ai vu un sans-papier qui faisait la quête et d’autres qui chantaient
J’ai vu un homme qui souriait
J’ai vu des gens qui dansaient
J’ai vu des gens qui chantaient
J’ai vu Julien Bayou
J’ai vu ce grand homme avec son drôle de bonnet jaune et noir et sa pancarte aux slogans colorés
J’ai vu Najat Belkacem marcher
J’ai vu une petite fille qui dormait dans les bras de son père
J’ai vu du rouge et des cris
J’ai vu des trottoirs et des rues sur des kilomètres
J’ai vu Paris sous le soleil
J’ai vu le chiffon rouge de la liberté
J’ai vu un Schweppes jouer avec des glaçons et une demi-rondelle de citron
J’ai vu des joueurs de djembé
J’ai vu des jeunes qui dansaient
J’ai vu des vieux qui dansaient
J’ai vu des femmes seules avec leurs enfants
J’ai vu des œillets
J’ai vu des filles qui sifflaient
J’ai vu Jean-Luc Mélenchon qui souriait
J’ai vu Jean-Luc Mélenchon qui me souriait
même que je me suis retournée pour voir si c’était bien à moi qu’il souriait et j’ai vu des femmes qui lui souriaient
J’ai vu des gens qui ne se connaissaient pas, qui ne s’étaient jamais parlé et qui se parlaient
J’ai vu Olivier Besancenot l’oreille collée au portable
Je n’ai pas vu Nathalie Artaud
Je n’ai pas vu Salah Hamouri mais on m’a dit qu’il était là.


Peuples de Paris

Hier, j’ai vu le peuple de Paris marcher dans la rue. Mais quand je suis rentrée chez moi, j’ai allumé la télé et j’ai vu un autre peuple de Paris, statique celui-là, pas moins beau, mais incroyablement nombreux... Une mer de drapeaux dressés dans un ballet réglé, où l’on devait compter du drapeau au millimètre carré près. En allant sur Twitter, j’ai appris que parce qu’elle faisait son job de journaliste, c’est-à-dire rapporter ce qui se passe, parce qu’elle était là et à cause du média pour lequel elle travaille, Marine Turchi s’est fait molester.


jeudi 15 mars 2012

Venez sans culotte

Alors que la reine Marie-Antoinette proposait au peuple de Paris de manger des brioches quand il réclamait su pain et que la première dame suggère que les actuels locataires de l'Elysée sont des gens modestes, le candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, nous convie à une Front de Gauche pride et nous suggère de reprendre la Bastille."Chacun sait que dimanche entre Nation et Bastille, notre campagne va prendre une nouvelle ampleur. Elle va prendre la forme d’une insurrection civique, d’un peuple qui se met en mouvement pour affirmer sa volonté de passer à une nouvelle République. Car partout, la révolution citoyenne commence par cette remise en cause des institutions actuelles. Voila pourquoi nous reprendrons la Bastille", explique Manuel Bompard, coordinateur des transports pour ce 18 mars festif.






in: In the mood for anger

vendredi 17 février 2012

Contre la dictature des marchés solidarité avec le peuple grec

MANIFESTATION SAMEDI 18/02
à 14H Métro TROCADERO
au parvis des droits de l’homme

SIGNATAIRES :

Initiative des travailleurs et étudiants grecs de Paris
Nouveau Parti Anticapitaliste
Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde
Union Syndicale SOLIDAIRES 
ATTAC
Marche Mondiale des Femmes
Convergences et Alternative
FASE
Marches Européennes
Parti de Gauche
Les Alternatifs
Gauche Unitaire
Mémoire des luttes
Initiatives Pour un Autre Monde
Alternative Libertaire
M12M PARIS
Les indignés


Contre la dictature des marchés
Solidarité avec le peuple grec


La nuit du 12 février, 199 député-e-s  grecs ont voté les nouvelles mesures imposées par la Troïka (UE, BCE, FMI) qui plongent le pays dans un chaos et une misère encore plus profonde. 101 député-e-s ont désapprouvé soit la totalité, soit une partie de ce nouvel accord. Sous la menace de la faillite et absolument conscients que le parlement n’allait pas décider, mais seulement ratifier les diktats, la majorité des député-e-s a cédé au chantage. Alors que dans tout le pays le peuple exprimait son opposition aux projets monstrueux des créanciers, le parlement accordait aux banques le droit de mort et de vie sur le peuple grec, tout en admettant que ce n’est plus aux institutions politiques ni aux élu-e-s  de gouverner. Au delà du drame que vit la Grèce, cette évolution constitue le renversement le plus flagrant du système et des traditions politiques européennes ; et, en tant que tel, il annonce l’avenir de toute l’Europe. Contrairement à ses députés, la population du pays n’a pas cédé face à ce chantage. A Athènes et partout dans le pays, le peuple qui résiste a inondé les rues. Encore une fois la seule réponse du gouvernement a été la répression.

Alors que les politiques d’austérité ne font qu’exploser la dette publique, on impose au peuple grec encore plus de mesures suicidaires :

-          La réduction du SMIC de 22%, pour gagner 450 euros par mois net et 586 brut, contre 751 euros brut jusqu’alors ; Pour les jeunes, la réduction s'élève à 35%.
-          L’abolition des conventions collectives, par branche et par métier, qui sont remplacées par des contrats individuels au niveau de l'entreprise.
-          L’application rétroactive de toutes les réductions à partir de janvier 2012, des salaires, retraites et allocations chômage (qui passent de 461 euros/mois à 359, touchable uniquement pendant un an).
-          La baisse de la retraite minimum à 392 euros/mois (contre 503 euros aujourd'hui).
-          Le licenciement de 150.000 fonctionnaires de 2012-2015, dont 15.000 d’ici la fin 2012.
-          L’abolition du statut du fonctionnaire.
-          Le démantèlement de l’Etat social et la liquidation de toute la richesse du pays pour 50 milliards d’euros par la privatisation.

Ces mesures viennent s’ajouter à bien d’autres imposées et appliquées depuis plus de deux ans. Les salaires et les retraites ne font que baisser, les impôts directs et indirects ne font qu’augmenter, alors que le chômage devient le quotidien de plus en plus de grecs.

Au niveau social, le peuple grec fait face à des phénomènes de misère et de pauvreté qu’il  n’avait pas vécus depuis l’occupation. Les faits sont accablants, selon « Médecins du monde » le centre ville d’Athènes vit une véritable crise humanitaire : une personne sur dix se nourrit aux soupes populaires, le ministre de l’éducation met en place la distribution de repas gratuits dans certaines écoles en réponse aux  nombreux évanouissements d’élèves pour cause de malnutrition.

Les nouvelles mesures imposées vont non seulement perpétuer le cycle infernal de la récession qui conduit tout droit à l’explosion du déficit public et au défaut de paiement, mais elles vont, partout en Europe, accentuer la baisse des salaires et des dépenses publiques, et ce à un moment où le nombre de pauvres ne cesse d’augmenter dans tous les pays, y compris en Allemagne. Ce que les élites de la finance n’ont pas envie de comprendre c’est que c’est le modèle économique qui ne fonctionne pas.

    
La Grèce est le laboratoire de l’austérité en Europe !

Résistons partout en Europe !

Solidarité avec le peuple grec !

Non au sacrifice des peuples sur l’autel de la finance !



in: The world is crying out loud

vendredi 10 juin 2011

Révolte populaire de masse en Grèce

Certes, les "Indignés" de la Bastille peuvent, et quelque part c'est peut-être justifié, prêter à sourire. Certains ne s'en sont pas privés ici même, n'est-ce pas Maxime, d'autres le disent sur Twitter ou encore s'en expliquent dans de brillants articles. Certes, ce mouvement bastillais semble un peu téléphoné et un peu à la ramasse après Sidi Bouzid et la Place Tahrir et carrément téléphoné de chez la Puerta del Sol. Cependant, je ne mésestime ni la sincérité de ce mouvement, ni la profonde désespérance et le vrai ras-le-bol de la plupart de ceux qu'il meut.

En Grèce, la mobilisation est à la mesure de la colère. Il a suffit que le gouvernement annonce une vague de privatisations et de nouvelles mesures d'austérité pour que le peuple, celui qui en grec forme la moitié du mot "démocratie", descende dans la rue sans complexe ni hésitation. C'est ainsi qu'il a, sans peur et sans violence, bloqué la sortie du Parlement aux députés en leur indiquant poliment par des pancartes brandies bien haut que non, la Grèce n'était pas à vendre.

Dimanche dernier, le 5 juin, des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées sur la place Syntagma qui a d'ores et déjà gagné son nom au Panthéon des places "indignées" d'Europe et de Méditerranée. Aucune trace des images de Syntagma noyée par la foule sur nos télévisions "traditionnelles" à part quelques reportages quelques jours plus tôt pour nous dire que les Grecs étaient en grève. Pareil sur le canal du Monde. On n'y recense qu'un article daté du 11 mai sur les protestations de ce bon démos. Depuis plus rien. Pourtant, à la hauteur d'un petit pays comme la Grèce, la mobilisation est phénoménale.

DR


Nos amis Grecs s'étonnent et se chagrinent que nous ne le sachions pas et que nous ne le disions pas. D'ailleurs, ils n'hésitent pas à nous le demander franchement :

F.Perrier/Humanité

Qu'ils se rassurent, l'alternativité a pris le relais et prend grand soin d'informer ceux qui veulent encore l'être. Merci au journaliste Yorgos Mitralias d'avoir largement diffusé son texte que je reproduis avec joie et fierté.



Révolte populaire de masse en Grèce

C’est désormais par centaines de milliers que les Indignés grecs déclarent la guerre a leurs bourreaux néolibéraux !

par Yorgos Mitralias


Deux semaines après ses débuts, le mouvement des « Indignés » grecs fait déborder les places des villes du pays par des foules énormes criant leur colère, et fait trembler le gouvernement Papandreou et ses soutiens locaux et internationaux. Ce n’est plus ni une simple protestation ni même une mobilisation d’ampleur contre les mesures d’austérité. Désormais, c’est une véritable révolte populaire qui balaie la Grèce ! Une révolte qui crie haut et fort son refus de payer « leur  crise » et « leur dette » tout en vomissant le bipartisme néolibéral sinon l’ensemble d’un personnel politique aux abois.

Combien étaient-ils à la Place de Syntagma (Constitution) au centre d’Athènes, juste en face du Parlement, le dimanche 5 juin 2011 ? Difficile a dire car une des particularités de ces rassemblements populaires est que, faute de discours central ou de concert, il y a un va et vient permanent de manifestants. Mais, en tenant compte des responsables du métro d’Athènes, qui savent comment calculer le nombre de leurs passagers, il y a eu un minimum de 250.000 personnes confluant à Syntagma à cette mémorable soirée ! En somme, plusieurs centaines des milliers si on y ajoute les foules « historiques » rassemblées aux places centrales des dizaines d’autres villes grecques (voir la carte). 
 
A ce moment s’impose pourtant une interrogation : comment est-ce possible qu’un tel mouvement de masse qui, en plus est en train d’ébranler un gouvernement grec au centre de l’intérêt européen, soit passé sous un silence assourdissant par tous les medias occidentaux ? Pendant, ses 12 premiers jours, pratiquement pas un mot, pas une image de ces foules sans précédent hurlant leur colère contre le FMI, la Commission Européenne, la Troika et aussi Mme Merkel et le gotha néolibéral international. Absolument rien. Sauf de temps en temps, quelques lignes sur « des centaines de manifestants » aux rues d’Athènes, a l’appel de la CGT grecque. Etrange prédilection pour les manifs squelettiques des bureaucrates syndicaux totalement déconsidérés au moment ou quelques centaines de mètres plus loin d’énormes foules manifestent jusqu'à très tard après minuit depuis deux semaines…
DR
 Il s’agit bel et bien d’une censure aux dimensions inconnues jusqu'à aujourd’hui. D’une censure politique très organisée et méthodique, motivée par le souci de bloquer la contagion de ce mouvement grec, de l’empêcher de faire tache d’huile en Europe ! Face a cette nouvelle arme de la Sainte Alliance de temps modernes, il faudra qu’on réagisse tous ensemble, tant pour dénoncer ce scandale que pour trouver les moyens de contourner cette interdiction d’informer les opinions publiques, par le développement de la communication entre les mouvements sociaux de toute l’Europe et la création de nos propres medias alternatifs…
Revenant aux Indignés grecs (Aganaktismeni, en grec), il faut remarquer qu’il s’agit d’un mouvement de plus en plus populaire ou même plébéien, a l’image d’une société grecque façonnée par 25 ans de domination absolue de l’idéologie (néolibérale) cynique, patriotarde, raciste et individualiste qui a tout transformé en marchandises. C’est pourquoi l’image qui en émerge est souvent contradictoire, mêlant le meilleur et le pire dans les idées comme dans les actes de chacun des manifestants! Comme par exemple, quand la même personne manifeste de façon ostentatoire un patriotisme grec aux allures racistes tout en brandissant un drapeau tunisien (ou espagnol, égyptien, portugais, irlandais et argentin) pour manifester sa solidarité…internationaliste aux peuples en lutte de ces pays.
 Doit-on conclure alors qu’on est en présence d’une foule de manifestants schizophrènes ? Absolument pas. Comme il n’y a ni de miracles, ni de révoltes sociales politiquement « pures », le mouvement des Indignés grecs se radicalise a vue d’œil tout en étant marqué par ces 25 ans de désastre social et moral. Mais, attention : toutes ses « tares » se subordonnent a sa caractéristique principale qui est son rejet radical du Mémorandum, de la Troïka, de la dette publique, du gouvernement, de l’austérité, de la corruption, de cette démocratie parlementaire fictive, de la Commission Européenne, en somme du système dans son ensemble !
Ce n’est pas donc un hasard que les centaines des milliers d’Indignés grecs s’époumonent depuis 14 jours en répétant des mots d’ordre éloquents tels que « On ne doit rien, on ne vend rien, on ne paye rien », « On ne vend et on ne se vend pas », « Qu’ils s’en aillent maintenant tous, Mémorandum, Troika, gouvernement et dette » ou « Nous restons jusqu'à ce qu’ils s’aillent ». C’est un fait que des mots d’ordre de ce genre unissent tous les manifestants, comme d’ailleurs tout ce qui a trait au refus d’assumer et de payer la dette publique. C’est d’ailleurs pourquoi la campagne de l’Initiative pour une Commission d’audit de la dette publique fait un réel tabac pratiquement dans tout le pays et son stand en pleine Place de Syntagma soit en permanence assiégé par une foule de gens voulant signer son appel ou offrir leurs services comme volontaires…
D’abord presque totalement inorganisés, les Indignés de Syntagma se sont offert progressivement une organisation dont le summum est l’Assemblée populaire qui attire chaque soir a 21 h. plusieurs centaines de participants devant quelques milliers d’auditeurs très attentifs. Les débats sont souvent d’une grande qualité (p.ex. celui sur la dette publique), dépassant de loin tout ce qu’il y a de mieux sur les grandes chaines de télévision. Et tout ca malgré le bruit (on est en plein centre d’une ville de 4 millions d’habitants), le va et vient des dizaines des milliers de gens et surtout, la composition hétéroclite de ces auditoires monstres au milieu d’un campement permanent qui ressemble par moments à une vraie Tour de Babel. 
 
Toutes ces vertus de la « Démocratie directe » expérimentée jour après jour a Syntagma, ne doivent pas nous faire oublier ses faiblesses, ses ambiguïtés ou ses tares comme p.ex. son allergie initiale a tout ce qui a trait aux partis, aux syndicats ou a toute collectivité établie. Si c’est indiscutable que cette aversion pour les « partis » est dominante dans les foules des Indignés grecs qui ont tendance a rejeter l’ensemble du monde politique sans distinction, il faut quand même noter l’évolution spectaculaire de l’Assemblée Populaire, tant a Athènes qu’a Salonique, qui est passé du rejet des syndicats a l’invitation de faire aboutir leurs manifestations a Syntagma afin que leurs travailleurs rejoignent les Indignés…
Evidemment, ce n’est pas un secret que, le temps passant, il y a eu une clarification du paysage politique de la Place de Syntagma, la droite et l’extrême droite populaire étant représentée parmi la foule en haut de la Place, juste devant le Parlement, et la gauche radicale et anarchisante occupant la Place elle-même et contrôlant l’Assemblée populaire et le campement permanent. Sans aucun doute, bien que cette gauche radicale donne le ton et laisse son empreinte sur toutes les activités et manifestations à Syntagma, les colorant d’un rouge profond, on ne peut pas conclure que les diverses nuances de la droite populiste, patriotarde, raciste ou même carrément neo-nazi vont cesser leurs tentatives d’influencer cet immense mouvement populaire. Elles vont persister et tout dépend, en dernière analyse, de la capacité de l’avant-garde du mouvement de l’enraciner profondément dans les quartiers, les lieux de travail et les écoles tout en le dotant d’objectifs claires faisant le pont entre ses énormes besoins immédiats et sa rage vengeresse et anti système. 
 
Assez différent de son homologue espagnol par ses dimensions, sa composition sociale, sa radicalité et son hétérogénéité politique, le Syntagma grec partage avec la Place Tahrir du Caire ou la Puerta del Sol de Madrid la même haine pour l’élite politique et économique qui accapare et vide de tout contenu la Démocratie parlementaire bourgeoise aux temps du néolibéralisme le plus arrogant et inhumain. En même temps, il est traversé par le même désir participatif, démocratique et non violent qui marque profondément toute révolte populaire en ce début du XXIème siècle. 
Notre conclusion ne peut être que très provisoire : indépendamment de la suite des événements, qui s’annoncent déjà cataclysmiques, le mouvement actuel des Indignés grecs aura marqué un tournant dans l’histoire du pays. Désormais tout est possible et rien ne sera plus comme avant… 




A noter que Mikis Theodorakis que l'on voit au début de la vidéo ne se trouvait pas sur la place Syntagma mais aux Propylées , à quelques pas de là. 

 






in: The world is crying out loud

mardi 31 mai 2011

D'ailleurs c'était ici

Dimanche, ailleurs et ici, nous étions à la place de la République pour dire non à la politique des quotas, marre de ce gouvernement qui tape partout en même temps (éducation, retraites, sécurité sociale, immigration, droit d'asile...), qui divise pour mieux régner. 

© Angelina 2011

© Angelina 2011

En même temps, d'autres étaient à la Bastille, sous le même soleil brûlant, tentant de faire une jonction entre les "indignés" de la Puerta del Sol et les "indignés" de la place Syntagma. Et nous avons rêvé, avec Stéphane Arnoux et Charlotte, rencontrés par hasard dans la foule, faire la jonction avec eux, pour que cette fois, ce gouvernement qui tape partout en même temps n'arrive plus à diviser.

© Angelina 2011

© Angelina 2011

© Angelina 2011

ZEP, la zone d'expression populaire de Saïdou, a assuré l'ambiance festive. Avec humour, comme à leur habitude, ils ne se sont pas privés de fustiger l'anti-colonialisme, le racisme et de nous faire danser.


© Angelina 2011


in: In the mood for anger

vendredi 27 mai 2011

Non, votre révolution n'en est pas une from Maxime

French Revolution par Stéphane Burlot-Photographe

1. Choisir la Bastille, c'est un peu présomptueux. Quand le peuple prend la Bastille en 1789, il prend les armes, il fait couler le sang. Bien évidemment, si l'opéra avait été construit à l'époque, il se serait probablement contenté de poser séant sur ses marches.

2. Oui, ce mouvement est bel et bien politisé. J'ai observé que ceux qui y participent, ou du moins ceux qui publient sur Facebook, sont plutôt de sensibilité ultra-gauche. Les revendications, aussi diffuses et éparses soient-elles, ne sont pas celles de l'UMP, ni du PS, ni du FN. D'ailleurs, pour voir à quel point ce mouvement est a-politique, mettons-y quelques militants FN, histoire de voir comment ils seront reçus. Si les actions coup-de-poing de Jeudi Noir ou l'Appel et la Pioche sont très amusantes et tout à fait légitimes (à mon sens), leur tentation NPA et leur présence remarquable parmi ces "manifestants" laissent à penser que la politique y occupe bel et bien une place prépondérante. D'ailleurs, ces revendications appellent bien à une réponse politique.

J'aime entendre les voix discordantes des dits-manifestants. D'aucuns se félicitent du côté désorganisé du mouvement, "preuve qu'il est libre", d'autres en appellent à l'organisation ; dès qu'une fronde populaire doit s'organiser, ce sont des syndicats ou partis politiques qui s'y collent. Avec, généralement, une certaine efficacité. Ici, on voit bien, et pardon d'y revenir, que les organisations de sensibilité ultra-gauche s'expriment beaucoup plus que les a-politiques. La faute aux médias, sûrement, qui aiment à discuter avec des "porte-parole", avec des gens qui représentent quelque chose, que l'on peut identifier.

3. Non, ce n'est pas la contagion des révolutions arabes qui se manifeste. Ni même celle de Madrid. Les premiers ont manifesté un peu plus bruyamment, et pour des raisons un peu moins "petit-bourgeoises". Les seconds campent, squattent littéralement ; ils ne se donnent pas rendez-vous pour s'asseoir le 29 mai.

4. Voir une centaine de jeunes assis sur les marches de l'opéra Bastille en lieu et place des jongleurs et/ou punks à chiens et/ou SDF, voilà qui risque de rassurer plus que d'apeurer. Pardon pour cette digression, mais ces marches sont toujours squattées.

Quant à revenir sur le sens littéral du mot "révolution", ne comptez pas sur moi pour être si tatillon.

                                                                                                                        Maxime Jacquet.



in: In the mood for anger

mardi 10 mai 2011

Pas de liberté pour les amis de la liberté *

A la demande de la Mairie de Paris, la police a procédé, mercredi 4 mai 2011, à l'évacuation d'une centaine de Tunisiens sans-papiers réfugiés dans un bâtiment de l'avenue Simon Bolivar. Plusieurs militants, dont le cinéaste et musicien Stéphane Arnoux, se sont ensuite  rassemblés devant le commissariat du XXème arrondissement pour protester contre leur interpellation.

Photo SIPA

Il y a des Tunisiens à Paris. Ils seraient trop nombreux, paraît-il. Il paraît qu'il vaudrait mieux qu'ils restent chez eux, fassent leur révolution là-bas, et ne viennent pas semer ici la zizanie.

Le pouvoir français, avait proposé des armes à Ben Ali pour mater la révolution tunisienne, par la voix de Michelle Alliot-Marie, en « vacances » au bled pour acheter une belle maison à ses parents. Maintenant il traque et rafle les Tunisiens réfugiés en France. C'est toute la cohérence de l'Etat français, corrompu comme a pu l'être le voisin tunisien, raciste de toujours et fier de sa domination que la décolonisation a transformée en exploitation éparpillée.

Des Tunisiens, il y en avait qui s'étaient réfugiés dans le 19e à Paris, dans un bâtiment de la ville de Paris. Pas seulement pour survivre là, mais pour s'organiser, créer des ponts et des relais, entre gauchistes des deux bords de la Méditerranée. D'abord échoués à Lampedusa, floués par l'Etat italien de Berlusconi, avec des papiers qui ne valent rien, on a dit qu'ils étaient nombreux. Trop, si l'on en croit le Ministère de l'Intérieur. Plus de 20 000 (alors que 300 000 personnes arrivent en France chaque année).

Alors, avec l'aide de collectifs parisiens, ils se sont organisés ici. Et continuent de s'organiser. Malgré les rafles, les intimidations, les expulsions. On n'arrête pas comme ça un mouvement de l'Histoire. Mais les Tunisiens déjà en France de longue date, privés de papiers, se retrouvent dans le rôle des victimes collatérales d'une traque organisée (et fort peu médiatisée).

De l'immeuble de la rue Simon Bolivar, ils ont publié des communiqués, appelé aux soutiens. La Mairie de Paris, qui tentait de communiquer à contre-pied de l'Etat a promis des lieux... provisoires, propres à faciliter le travail de la police : des centre d'accueils privés, fermés la journée, où on les aurait divisés par petits groupes, et où il aurait été aisé de les cueillir au petit matin. Ils ont refusé : la Mairie a ordonné l'expulsion. Et porté plainte pour dégradations et occupations illégales.

Alors des citoyens, associatifs ou gens du quartier, se sont mobilisés. D'abord pour apporter des vivres. Puis pour se rassembler devant les commissariats où les squatteurs avaient été arrêtés.

Au commissariat du 20e, on n'était pas assez nombreux pour empêcher le car de partir, avec une trentaine de personnes à l'intérieur. Mais il y avait, tout de même, un mouvement de résistance. Avec des slogans comme :

"Ce sont les Tunisiens qui ont raison. A bas l'Etat, les flics et les patrons"

Là bas, ils avaient commencé par brûler les commissariats. Ici une maigre résistance s'organise : il est temps de choisir son camp. Ce serait beau, la prochaine fois, qu'aucun car ne quitte la ville vers un centre de rétention. Ce serait beau qu'il y ait des lieux pour habiter le monde. Et que cesse cette traque dégueulasse à l'étranger.

La France aux débuts de la révolution proposait d'envoyer des armes à Ben Ali. Aujourd'hui elle mène des rafles partout pour arrêter les Tunisiens. Et la police s'exécute. Tant que nous sommes trop peu nombreux pour empêcher ça.

Il ne sert à rien d'avoir honte d'être Français. A rien de poster des messages sur Facebook ou de tweeter. A rien de s'indigner. Il faut prendre un peu de son temps pour être là où la résistance est nécessaire. Ce n'est pas rien, même très peu nombreux, d'entraver ou de ralentir l'activité de la police : qu'elle se rende compte en permanence que nous ne sommes pas complices.

L'exemple tunisien est remarquable. Ils ont pris leur destin en main. Et nous on fait quoi ? On laisse l'Etat français réclamer aux révolutionnaires la dette faramineuse contractée par Ben Ali et expulser ceux qui, sortis de prison, libérés de la torture, tentent de rejoindre leurs familles ?

La chasse aux étrangers semble être devenue une médiatique priorité dans ce pays. Les panneaux des Tunisiens le 1er mai qui disaient "nous sommes venus vous aider à faire pareil" semblent accélérer le pas. Et supposent que nous prenions position. Dont acte. 

Stéphane Arnoux

* Titre d'Angelina


in: In the mood for anger

lundi 8 novembre 2010

Un goût de reviens-y

A les entendre, les médias, la démobilisation est parmi nous. Le nombre de manifestants est en baisse, le mouvement s'essouffle, arrive au bout de lui-même, n'a plus de raison d'être, les cortèges se sont clairsemés. C'est à peine si on s'est rendu compte qu'il y a eu des manifs samedi dans toute la France.

Il en est un pourtant qui a su galvaniser les trois pékins qui marchaient derrière le camion sono du syndicat SUD. Avec un bel enthousiasme et sous la pluie, il a fait danser des pieds qui ont martelé je ne sais combien de kilomètres de bitume en éructant "On lâche rien, on lâche rien".

HK et les Saltimbanks, la moitié de MAP (Ministère des Affaires Populaires) ont ensuite offert un concert plein de fièvre aux Parisiens qui se promenaient ? se trouvaient là par hasard ? ont vu de la lumière et sont venus ? place de la Nation.

Photo volée . © RichardTrois

De toutes façons, nous savons tous où toute cette affaire finira. Si ce n'est pas dans la rue, ce sera dans les urnes.

Bonne semaine !






Hk & Les Saltimbanks - "On lâche rien"
envoyé par HkOfficiel.




in: Gloomy monday

samedi 6 novembre 2010

Femmes, toujours debout


Aujourd'hui plus que jamais, nous sommes bien obligés de constater que les luttes ne sont jamais tout à fait finies, que les combats continuent, que si l'on baisse les bras, les acquis se fragilisent, s'effritent. Comme le disait une ancienne combattante à un collègue à moi : « Je ne suis pas une ancienne combattante. Je suis une combattante. »



Manifestation unitaire du 14 novembre 2009 pour le maintien du centre IVG de Tenon.
Banderolle de tête. Militante chantant des slogans dans un micro devant le cortège.



Aujourd'hui 6 novembre, les femmes marchent comme elles marchaient dans les années 70 avant que la loi Veil ne soit votée et que l'avortement soit enfin légalisé en France.

Aujourd'hui, ce n'est plus la morale, la religion qui entravent les femmes dans l'accès à l'avortement. C'est la rentabilité. C'est la logique de la crise qui pousse toujours la logique de la réduction des effectifs un peu plus loin. Faut-il moins de personnel dans les hôpitaux ? Commençons par fermer les centres d'interruption de grossesse volontaire et inventons la pilule du surlendemain pour mettre tout le monde d'accord. Je schématise grossièrement, car ce ne sont pas que les centres IVG qui sont la cible de la rigueur.

Il n'empêche que, une société qui recule sur ses services publics, en bafouant d'abord le droit des femmes, est une société qui régresse.

Parmi les femmes qui défileront aujourd'hui derrière leur banderole, Roselyne Rollier. Une héritière du féminisme de la première heure. Cette militante est actuellement à la tête de l'association la Maison des Femmes à Montreuil qui s'est mobilisée pour l'action du 6 novembre. 

Voici ce qu'elle dit de la situation actuelle :


« Les centres IVG disparaissent insidieusement, sous couvert de restructuration, parce qu'on n'a pas une seule phrase d'un seul ministre qui dise « Il ne faut pas d'IVG ». Ce n'est jamais dit nulle part, de peur de réveiller de vieilles luttes. Là c'est juste "On réorganise". « Le vieux docteur qui faisait les IVG part à la retraite, y a plus personne qui veut le remplacer. » Mais il y a aussi que ce n'est pas prévu dans la formation, que ce n'est pas payé, que ce n'est pas rentable pour les médecins de faire ça et en plus c'est toujours dans le fond du sous-sol ou au bout du couloir. Ce n'est pas un lieu prestigieux de l'hôpital. Tout cela compte.

Depuis un an et demi environ, un certain nombre d'hôpitaux luttent pour le maintien de leur centre d'IVG qui disparaissent les uns après les autres. L'hôpital Tenon à Paris dans le XXème arrondissement... entre autres. C'est également le cas dans les provinces, où souvent, c'est l'hôpital entier qui ferme. Les gens sont renvoyés 50 km plus loin. Mais le fait de regrouper tout le monde augmente les délais d'attente et les femmes se retrouvent à dépasser les douze semaines limites pour avorter.

Le 6 novembre, la manif sera nationale. A Paris, elle partira de Place d'Italie à 14h00 pour  rejoindre la manif des retraites à Bastille et terminer tous ensemble à Nation. Car nous avons aussi fait toutes les manifs sur les retraites. Les femmes sont aussi visées par cette réforme. On sait bien que la plupart des retraités sont des femmes. Car 80 % des personnes âgées de 80 ans et plus sont des femmes.Donc ça n'intéresse pas le gouvernement. »




in: In the mood for anger

vendredi 5 novembre 2010

Mais qu'est-ce qu'elles veulent encore ?



Demain 6 novembre, elles seront encore dans la rue... les femmes qui militent pour le droit à l'avortement. 

Le combat n'est pas terminé. 35 ans après la loi Veil, le droit à l'avortement est remis en cause par de nombreuses fermetures de services IVG au sein de l'hôpital public et par des fermetures d'hôpitaux tout court.

Avorter est un droit ! 

Mobilisons-nous toutes et tous pour le défendre
Droit à l’IVG menacé 
Manifestation nationale 
le 6 novembre à Paris, 14 heures, Place d’Italie




Deux manifestations prévues dans les rues demain. L'une pour les retraites, l'autre pour le droit à l'avortement. Elles se rejoindront à Place de la Bastille et termineront leur marche revendicative, ensemble, jusqu'à Place de la Nation.



Mobilisation nationale

6 novembre 2010 à Paris

  Non à la fermeture de centres pratiquant les IVG
Non au démantèlement de l’hôpital public
Non à la déshumanisation des soins
Oui à la liberté d’avorter !



Mobilisation Avortement Novembre 2010









Demain, ici, un article.



in: In the mood for anger

vendredi 29 octobre 2010

Qui-vive !

Clichés, phrases sur le vif, slogans, humeurs... pour résumer une journée qui se répète encore et encore depuis deux mois. Comme un jour sans fin...



© Martial Denais
« Ne Besson pas notre froc ! »
Un commentateur de Cassandre

© Martial Denais


« Sarkozy vient de dire qu'il comprend les "inquiétudes" des Français. Il a tout faux. Ce n'était pas le bruit de l'inquiétude qu'ion a entendu dans la rue, mais celui de la colère. Une colère qui finira par l'attraper. »




© Martial Denais




« Si le plus grand nombre des esclaves salariés morflent comme des larbins tout en pleurnichant sur leurs minables vies, ils n’ont qu’à se ressembler ! »
Vivito (lecteur de Bakchich)
.


© Martial Denais


« Pour que le système change vraiment, il faut que les travailleurs se fâchent. »
David Harvey, géographe britannique
et théoricien marxiste, in Article XI.



© Martial Denais


« Conscients d’être les futures victimes d’un système économique qui condamnera la plupart d’entre eux à la précarité, les lycéens et les étudiants ont commencé à investir les rues. Malgré les ricanements et les indignations de ceux qui estiment qu’ils n’ont rien à y faire et qu’ils sont manipulés. »




© Martial Denais


« Un gendarme gauchiste! Qui a été en fac. Qui a peut-être caillassé du CRS en son temps. Qui accepte les ordres et la hiérarchie, parce qu'il a signé pour ça, mais qui croit encore à la police de proximité, à la marge de manœuvre infime, mais réelle que tout ordre laisse toujours dans son interprétation. Une étincelle d'humanité de plus à ma patiente collection.
Une raison de plus d'espérer, de croire en l'humanité.
Et en la légitimité intrinsèque de la lutte.
»




© Martial Denais
« Le mouvement ne s’arrête pas. Ca en bouche un coin à tous les arrogants qui veulent gouverner contre le peuple ou s’en mettre plein les poches sur le dos des travailleurs… Les médias annonçaient depuis quelques jours la cassure de l’unité syndicale. Raté : deux nouvelles journées d’action unitaire sont lancées, jeudi prochain et le 6 novembre. »
Clémentine Autain




© Martial Denais




« "C'est pas fini", me dira un Ukrainien, travailleur sans papiers. "Car Sarkozy, il va trop loin. Il faut le dire." »
Médiapart




© Martial Denais






in: Big event little summary

jeudi 21 octobre 2010

La rue est à nous


Il flippe sévère notre Président. Le même qui clamait que lorsqu'une grève avait lieu, il ne s'en apercevait même pas. En province, en région parisienne et à Paris, les manifestants ont pourtant fait trembler les murs de leurs pas, de leurs cris et de leurs slogans, de leur rage et de leur joie de vivre. Il a bien fallu qu'il commence à baliser menu menu pour en appeler "à la responsabilité de l'ensemble des acteurs pour que les choses ne franchissent pas certaines limites". Comme si lui-même ne les avait jamais franchies. Manifestation à Paris, Rouen, Amiens, Marseille, Rennes, Pau, Bayonne, Bordeaux, Toulouse... Des lycéens prennent la Place de la République. Blocage de dix universités. Fermeture administrative de l'université Lyon 2. Entre 30 et 40 % de grévistes à la RATP. Blocage des dépôts d'autobus de la régie des transports à Saint-Nazaire. Blocage du dépôt pétrolier de Bassens en Gironde. Blocage de l'A7 dans les Bouches-du-Rhône. Blocage de 850 lycées. Blocage d'un dépôt de carburant à Caen. Blocage d'une importante plate-forme logistique et industrielle à Lille. Grève des éboueurs à Toulouse. Blocage de l'accès à l'aéroport de Bordeaux-Mérignac. Manifestations, fermetures, grèves, blocages. Blocages.

Hier, Monsieur Hortefeux a très crânement déclaré que l'"immense majorité n'a pas à subir la loi d'une minorité". Quelqu'un lui a-t-il suggéré d'appliquer ses principes à lui-même ?


Une promo sur les cercueils pour enterrer la retraite à 60 ans




Cécile Duflot était là


Arlette aussi


Tiens, bonne idée...!






Des médiateurs en pleine action


Les fabuleuses banderoles du Théâtre du Soleil


La Justice veut dire quelque chose. Laissez-la parler.


Si, c'est possible ! Grâce à Sarkozy








Jean-Luc Mélenchon avait proposé qu'ils s'en aillent... Tous !





Impossible de résister à la brillante prestation du Théâtre du Soleil emmené par une Ariane Mnouchkine qui a dirigé sa troupe d'une poigne militante. La marionnette blanche figure la justice. Attaquée par les corbeaux, elle triomphe des rapaces sous les hourras de la foule éberluée. Vive l'éducation populaire !

La voici en vidéo (pardon pour la mauvaise qualité du son) :







manif 19/10/10
envoyé par mespetitesfables.





Ecrit avec L'Humanité 



 


in: In the mood for anger