lundi 9 novembre 2009

"Les murs dont vous n'entendrez pas parler aujourd'hui"....

Et pourtant.

Noyés, overdosés de Mur de Berlin, abreuvés de discours connivents et manichéens comme nous l'avons été aujourd'hui, il en est parmi nous qui se sont souvenus de ne pas oublier que la chute de ce mur ne pouvait masquer tous ceux qui persistent et tous ceux qui se sont érigés depuis.

A se balader et à lire les forums où les lecteurs sont bassement sollicités sur un événement qui fait consensus, il ressort que certains ne s'en laissent pas compter, comme le montre l'article publié ce matin sur Mes petites fables.

A Mulhouse, ce sont également des protestations qui s'élèvent contre "ce nianniantisme politico-médiatique qui célèbre le début de la fin de la dictature soviétique". Le post d'Eric Bloggeur citoyen s'ouvre sur la photo d'un camp de rétention administrative en France.

Sur Canal +, dans l'Edition Spéciale, Bruce Toussaint a la bonne idée de passer en revue tous les murs qui ne sont pas encore tombés et "dont nous n'entendrons pas parler aujourd'hui".

- Le mur qui encercle la Cisjordanie en Palestine.

- "les murs de la paix" en Irlande du Nord qui séparent Catholiques et Protestants.

- Les murs autour des enclaves espagnoles au Maroc, Ceuta et Melilla.

- Le mur érigé à Chypre en 1954 et partiellement ouvert en 2003.

- Les murs à Rio autour des favellas pour protéger la végétation.

- Le mur entre l'Inde et le Pakistan.

- Le mur entre le Mexique et les USA pour dissuader les candidats à l'immigration.

- Le mur entre la Corée du Sud et la Corée du Nord, pays littéralement isolé du monde.

- Les murs entre quartiers sunnites et chiites en Irak.

- Le mur au Sahara occidental.

Et sur Bakchich, on n'oublie pas de préciser que les murs érigés aujourd'hui, le sont par des démocraties.



Pour en savoir plus.

Berlin Remix 2009

Pendant trois mois, du 4 août au 4 novembre, Dailymotion, en partenariat avec l'INA, a fait un appel à candidatures pour créer, monter des films courts sur la chute de Berlin en vue de la commémoration aujourd'hui. Des images d'archives étaient directement téléchargeables sur le site.


Les résultats, Berlin Remix 2009, sont visibles aujourd'hui sur le site.





Ceux d'en face from Babylezoo

Babylonezoo n'est pas un inconnu sur Mes petites fables, puisque je l'ai déjà taggué. Ses magnifiques photos m'avaient déjà parlé.

Aujourd'hui, à l'occasion de cette spéciale Mur de Berlin, il trouve le moyen de me parler encore, à travers trois magnifiques photos.

Je vous laisse aller les découvrir chez lui.


La RDA au cinéma

Avant l'Allemagne de l'Est, c'était le mal. C'était derrière un mur tout moche, que même les plus jolis graffitis n'arrivaient pas à égayer, c'était l'inconnu, le mystère, la dictature. C'était gris, industrieux et militaire.

Les seules représentations que le "monde libre" avait de ce pays, de ces gens (que nous avons plaint), nous les trouvions au cinéma. Pour ça le cinéma est bien pratique. On sous-estime sa force documentariste, son côté obscur de la fiction.

Aujourd'hui la RDA n'existe plus. Ceux qui n'ont pas coïncidé avec cette période s'imaginent mal ce que cela pouvait représenter, comme l'explique Malika sur le site Libelyon.fr : "Aujourd'hui je suis professeure d'histoire et j'ai dû mal à faire saisir à mes élèves de 15 à 20 ans en lycée professionnel, le climat de la guerre froide et ils peuvent encore moins décoder les enjeux d'un film d'espionnage."

Pour aider les élèves de Malika, voici un petit florilège maison de quelques représentations de la RDA (République Démocratique Allemande) au cinéma.




Commençons par le monumental Good Bye Lenine (2002), au scénario un peu potache qui raille une Allemagne de l'Est déconfite depuis des années. La mère du héros tombe dans le coma en même tant que la chute du Mur. Elle n'en sort que huit mois plus tard alors que la vie des Berlinois est déjà grignotée par le capitalisme. Craignant un infarctus et afin de lui éviter un choc brutal, Alex réhabilite l'appartement à la mode du socialisme et recrée l'univers familier de sa maman à l'aide d'amis. Cette comédie relate la difficile transition d'un monde à l'autre mais constate également à quelle point les mentalités évoluent vite. La reconstitution semble parfois sortir d'un monde préhistorique.

Plus anecdotiquement, nous avons l'Allemagne de l'Est vu par Disney dans le film La Nuit de l'évasion (1981) de Delbert Mann aec John Hurt. C'est l'histoire véridique de deux familles est-allemandes qui tentent de passer à l'Ouest en montgolfière... et y parviennent.




Mais à n'en pas douter, le meilleur de ces films, le plus réaliste et le plus poignant, demeurera sans contexte le très récent La vie des autres (2006). Une plongée âpre dans la réalité de l'époque. Une fascinante mise en abyme de l'Allemagne communiste et sa police secrète, la Stasi, qui se devait de tout savoir sur chacun.

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"Ich bin ein Berliner"

Ouf ! on a eu peur !

Non JFK n'a pas commis de faute de grammaire lorsqu'il a prononcé son célèbre "Ich bin ein Berliner" le 26 juin 1963 à Berlin. Et non, il n'a pas dit non plus "Je suis un beignet".

Cette légende urbaine sur John Fitzgerald Kennedy en a fait rigoler beaucoup, mais 20 ans de la chute du Mur obligent, la voici démontée et bien démontée sur le fabuleux et très curieux site Le saviez-vous ?

Ne manquez pas de relire la citation replacée dans son contexte. Elle y prend toute sa dimension.

Mieux que des mots, Bach...

Moi j'ai eu la chance de l'entendre jouer derrière un mur d'abord, un an avant, en été 1988, lors d'un festival dans le Midi. Après l'entracte, les grilles du château où il jouait exceptionnellement ce soir-là se sont ouvertes, et j'ai pu assister, debout, si près, à la deuxième partie du récital.

Impossible de se souvenir de cette journée sans penser à lui.




Voulant apporter son témoignage à l'édifice historique, lui qui fut déchu de sa nationalité onze ans plus tôt, tenu à l'écart de sa terre natale, Mstislav Rostropovitch était venu interpréter une suite de Bach, un matin dans le froid et devant le Mur, ou déjà ce qu'il en restait, "en mémoire des morts".

L'image de ce vieil homme, assis sur une simple chaise, devant quelques spectateurs internationaux, pour ces quelques minutes de virtuosité ont évidemment fait le tour du monde et demeurent un symbole du moment.

"Ce concert a été l'un des plus beaux moments de ma vie", aurait confié Rostropovitch. "Ce Mur était comme une déchirure dans mon coeur."

Source : Lematin.ch


Trabantise-moi !

Ils sont partis le 21 septembre, tenant en haleine des poignées de fidèles passionnés par cette épopée de l'ère moderne : remonter le tracé de l'ancien Rideau de fer, de Bucarest à Berlin, à bord d’une authentique Trabant, qui fut la fierté de l’industrie est-allemande.

Le périple de la rédaction de la Radio Suisse Romande s'est suivi sur internet en vidéo, en photo et en audio.

Des vidéos passionnantes, que l'on pourrait apparenter à de la vidéo-réalité, nous offrent de longues plages de conduite sur les Aufbahnen allemandes, des images absolument excitantes et très informatives.

La Trabant, affectueusement surnommé Traby, nous livre en direct tous ses secrets. Apprenez qu'un chauffeur de Trabant se nomme un trabantiste et qu'en la manipulant tout en douceur, cette automobile peut faire jusqu'à 130 km à l'heure.

Les messages express valent également leur pesant de cacahuètes :

"ai failli me faire shooter par des vélos ! faut être prudent à berlin.. adieu l'allemagne.. en route pour l'aéroport !"

"la trabant vient de dépasser une porsche. belle victoire finale"

Au final, un site et un concept joyeux, plein d'humour, qui milite ouvertement pour la réintroduction de la Trabant dans le monde moderne post-capitaliste.

Faites tourner Mes petites fables