mercredi 24 février 2010

La "mère" Badinter


Elisabeth Badinter a bien travaillé... sa com'. A l'occasion de la sortie de son dernier livre Le conflit, la femme et la mère, on l'a vue absolument partout, remâcher son discours parfaitement formaté oeuvrant pour la cause des femmes, c'est-à-dire leur ouvrant les yeux sur leur condition de femmes dépossédées d'elle-mêmes par leurs mamelles. De France-Inter qui lui ouvrit son antenne toute la journée du 11 février au plateau du Grand Journal, Madame Badinter, écrivaine mais aussi femme et mère, venait prêcher pour sa paroisse, Elisabeth Badinter, un nouveau dogme post-écologique, after-naturaliste et èmellaiffe revival.

En cause, la pression exercée sur les femmes pour les "contraindre" à allaiter plutôt que les laisser s'accomplir et se réaliser grâce au biberon. Mais aussi les brocolis bio que l'on veut faire avaler de toutes forces aux nourrissons en circonscrivant à jamais ou presque les femmes dans la cuisine. Mais encore les couches culottes lavables qui se révèlent une alternative tronquée à la liberté des femmes et qui les circonscrirait cette fois dans la salle de bains, au détriment des couches jetables qui envahissent actuellement les décharges publiques et par conséquent la planète.


Sauf que la "mère" Badinter aurait aussi dû travailler un peu plus son discours. Les raccourcis faciles, les vérités assénées sans preuves chiffrées ou mal chiffrées n'ont pas eu raison de la meute médiatique et bloguesque qui s'est jetée aux basques d'Elisabeth Badinter. Ce qui ne l'empêche pas de vendre son livre, bien au contraire.

Personnellement, je ne reproche pas à Madame Badinter de penser ce qu'elle pense, ni même de le dire, ni même d'y mettre tous les moyens pour. D'ailleurs, jusqu'à un certain point, son point de vue n'est pas complètement stupide, il est juste poussé à l'extrême d'une façon sans doute grossière et ridicule (je n'ai pas lu le livre), et considère pour acquis ce qu'il aurait peut-être été judicieux de ne présenter que comme une dérive possible.

Ce que je lui reproche par contre, c'est un manque flagrant de dignité, de décence, de respect des autres car je n'ose pas dire d'intelligence, étant persuadée que Madame Badinter n'en manque pas. Comment, étant actionnaire majoritaire de l'une des plus grosses agences de publicité de France (Publicis pour la nommer), ose-t-elle venir plaider la cause des couches (P...), des petits pots (B...) et du lait maternisé au nom du salut du féminisme, en brandissant la menace écologiste, la plaie naturaliste et en promettant les chaînes aux femmes qui succomberaient à la tentation ? Comment a-t-elle imaginé que personne ne ferait le parallèle ? Comment peut-on, en toute conscience, se présenter comme juge et partie, toute Badinter que l'on soit et surtout si l'on s'appelle Badinter ? C'est d'un toupet, d'une condescendance, d'une indélicatesse et d'un manque d'imagination proprement vertigineux.

Pour ne pas bouder mon plaisir, j'ai voulu vous faire, à ma petite manière, une petite revue de presse ultra expresse et tout à fait inexhaustive mais tout à fait jouissive grâce aux personnes qui se sont données la peine de répondre à cette dame, et il fallait le faire, avec plus ou moins d'humour, plus ou moins de sérieux mais aussi de dérision.

La plupart des réactions ont dénoncé le nouvelle lubie de Madame Badinter "qui estime avoir trouvé le nouveau fléau machiste : l'allaitement" (Marianne) quand il reste encore tant de combats à mener pour les femmes comme l'égalité des salaires, l'avancement, contre les violences conjugales... Agnès Maillard ne se prive pas de décrire par le menu cet "OPA sur le corps des femmes (qui)ne cesse jamais !"

"Et ne parlons pas de tout le reste, de toutes les autres contraintes du corps social sur le corps des femmes, toutes les injonctions physiques, comportementales, vestimentaires, sociétales, qui nous enferment, nous limitent, nous entravent, nous écrasent finalement aussi sûrement qu'une bonne grosse burqa mentale.

"
Il faut", "y a qu'à", "tu dois", les normes, les mensurations, les regards, les obligations, nous sommes d'éternelles mineures, nous sommes en permanence sous tutelle, sous contrôle. La mode dicte notre couleur préférée du mois; le médecin, notre poids idéal; l'employeur, régulièrement, notre coupe de cheveux, la longueur réglementaire de la jupe. Nous sommes même à présent soumises à l'impératif médiatique de l'orgasme et on en profite pour re-banaliser l'usage de la machine à jouir, astucieusement rebaptisée sex toy pour l'occasion. On légifère abondamment sur le tissu religieusement ostentatoire... mais surtout lorsqu'il est porté par les femmes." (Le Monolecte)

Lorsqu'on lui parle de l'asservissement de la femme par l'écologie, Périco Légasse voit vert dans Marianne et explique qu'il ne faut pas se tromper de cible : "Ce n’est pas à l’écologie, ni à l’environnement, ni au bio à payer la facture, c’est au connard de mec rivé sur son nombril et incapable de se bouger les fesses pour changer une couche, donner un bain, faire le dîner des enfants et s’en occuper de temps en temps pour que Maman puisse écarter les doigts de pieds. C’est cette mentalité masculine là qu’il faut fustiger, pas les défenseurs de la nature."

Avec l'intelligence qu'on lui connaît, Clémentine Autain, sur son blog, ne fustige pas la pensée Elisabethbadintérienne. Elle reconnaît d'ailleurs que face à l'éternelle promotion de l'instinct maternel, aux clichés sur l'allaitement et à la suspicion qu'engendre le non-désir d'enfant, "le coup de gueule de Badinter, ça fait vraiment du bien." Elle pointe cependant le manque de nuance, l'impression désagréable donnée qu'avoir des enfants n'est "qu’aliénation, privation de liberté, contraintes" et reproche à l'auteure son manque de recul et de réflexion.

"Dénoncer la pensée dominante essentialiste, d’accord, mais quelles sont les conditions pour que la maternité ne rime plus avec inégalité et soit compatible avec l’épanouissement individuel ? Le rôle des pères est par exemple déterminant : or ils sont quasiment absents de la réflexion d’Elisabeth Badinter – exit même la notion de parentalité. C’est pourtant bien le binôme maternité/paternité que nous avons à déconstruire. La place des hommes, dès la grossesse, dans la relation à l’enfant doit être reconnue, promue, transformée. Que les pères ne puissent même pas rester dormir dans la majorité des maternités est par exemple invraisemblable."

Cible directe de la matrone du féminisme pour avoir émis l'idée de taxer les couches jetables pendant son mandat de secrétaire d'état à l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet a tenu à retoquer son assaillante sur la question dans un article du Monde. "Cette polémique sur les couches lavables est dérisoire. Ces produits n'ont plus rien à voir avec ceux qu'utilisaient nos grands-mères et j'invite ceux qui s'y intéressent à se renseigner précisément sur le sujet, ce que n'a vraisemblablement pas fait Elisabeth Badinter."

Mais c'est encore Bakchich Hebdo qui remporte la palme de la démesure verbiale, de la gaudriole avec panache grâce à la plume acide de Jacques-Marie Bourget qui m'a fait hurler de rire. L'article est évidemment à charge, mâtiné d'un mauvais esprit de bon aloi, un régal de discourtoisie. Cependant étant publié dans l'hebdo, uniquement accessible aux abonnés internet pour l'instant, je préfère me rabattre sur l'article paru sur le site intitulé "On ne badine pas avec la mère Badinter" et ne peut que vous encourager à vous abonner ou à acheter Bakchich Hebdo en kiosque dès sa ressortie au mois de mars :
"Pour parler du contexte, sans aborder le fond qui réclame d’être en forme, madame Badinter me fait l’effet d’un marchand d’armes manifestant contre la guerre. Avec son perpétuel habeas corpus, et le renfort du crédit de son mari si ça ne suffit pas, Elisabeth Badinter réussit depuis vingt ans à faire oublier qu’elle est l’actionnaire principale de Publicis, compagnie dont on sait que la situation des femmes n’y est pas meilleure qu’ailleurs, que les syndicats occupent la place du mort et que la structure du groupe, par petites unités, permet de mieux faire souffler l’esprit maison."

Pour finir, la journaliste de Monde Sandrine Blanchard met les points sur les i des inquiétudes de Madame Badinter, dans l'édition du 18 février :

"Les révolutions maternelles sont ailleurs que dans votre crainte d'un retour au naturalisme. Qu'il y ait aujourd'hui une majorité de bébés qui naissent hors mariage, que l'âge moyen à la première maternité atteigne presque 30 ans - malgré l'inquiétude moralisatrice du Haut Conseil de la famille -, que les femmes n'acceptent plus la toute-puissance du pouvoir médical montrent qu'elles prennent en main leur destin de femme et de mère."

18 commentaires:

Belâm a dit…

mouais. En ce qui me concerne, je vois trop de femmes qui galerent pour ne pas saluer bien bas le coup de gueule d'Elisabeth Badinter. Elle sous estime les hommes ? Va falloir atterir, les 3/4 des mecs ne foutent rien à la maison. Du moins, le font ils de maniere totalement sporadique. L'allaitement ? Oui, bien sur que c'est bien. Mais je coince complet sur les femmes qui allaitent pendant des mois et des mois et s'empechent de vivre. J'ai une copine qui a repris le boulot et ne peut dejeuner avec personne parce qu'elle court allaiter son mome de 3 mois et demi entre midi et deux! C'est n'importe quoi! Même si elle exagere, Elisabeth Badinder a mon sens a raison. La relation à l'enfant est devenue hysterique. et franchement, j'aurais un bébé aujourd'hui, j'ai pas le temps de me gonfler avec des couches lavables. Ou alors faut aller jusqu'au bout du raisonnement et ne plus se déplacer en voiture. C'est sur qu'avec deux, ou trois mômes, tout de suite, ça va etre plus sport. Ce que dit Elisabeth Badinter surtout, c'est que cette mode naturaliste et écologique, crée des conséquences. Mais sur la tête de qui ? Ben comme d'habitude sur la tête des bonnes femmes. Parce que le petit pot bio fait maison, c'est pas le mec qui s'y colle généralement... Parce que les couches lavables c'est pas lui non plus. Je vais pas parler d'allaitement, ce serait trop. Pour info il y a 2 millions de meres célibataires en France. C'est que du chiffre déclaré. Ne parlons pas de celles qui ne le sont pas officiellement mais bel et bien officieusement. Je doute qu'elles aient les moyens de faire dans le naturalisme et l'écolo à ce niveau là. C'est une mode de bourge. Comme d'hab.

Quant à Publicis. Je crois qu'avec le parcours exemplaire d'Elisabeth Badinter, c'est facile de parler de ça maintenant.Ca fait des années qu'elle l'est puisque son pere a été l'un des fondateurs. Bordel! On va quand même pas soupçonner Elisabeth Badinter de travailler en sous mains pour Publicis depuis des années. C'est ridicule! Cecile Duflot a été d'une betise affligeante et elle ferait mieux de fermer sa gueule, elle qui explique qu'elle prend des trains et rentre en avion...

Je travaille dans la pub. Je sais comment ca marche. Vous seriez surpris de savoir que ce sont souvent des femmes qui conceptualisent et cautionnent les pubs sexistes. Mais ça existe parce que le monde est ainsi fait. La ménagère de moins de 50 ans existe bel et bien ! Elisabeth Badinter n'est pas responsable de cet état de fait puisque la pub ne fait que surfer sur les comportements!

Je suis écoeurée par la tournure que prennent les choses. Franchement.

Olivia a dit…

Ouh très bon article!! Je suis tout à fait d'accord avec elle sur la pression de l'allaitement, des couches lavables (grands souvenirs de gens choqués que je n'en n'utilise pas) mais quand on fait un livre comme ça, on ne reste pas actionnaire d'une des agences publicités qui alignent les clichés machistes dans les pubs. Ce que j'en dis moi..:)

Angelina a dit…

@Belâm : ton commentaire n'est pas dénué d'intérêt et de vérité. Le problème c'est que nous tenons deux discours parallèles.

Pour ma part, je suis comme la plupart de ses détracteurs, j'ai l'impression que Mme Badinter se trompe de cible, qu'elle ostracise les femmes quand elle prétend fustiger une "pression collective", concept bien trop flou, trop vague... bref.

Pour te répondre point par point. Faire de la place aux hommes ne serait pas une solution car ce sont de gros fainéants, égoïstes et pour la plupart d'entre eux, soyons franches, encore machistes. Sauf que, c'est le modèle actuel de la société qui valide cet état de fait. Reconnaissons qu'il est absolument impossible aujourd'hui pour une mère de famille d'être fainéante, égoïste et féministe (si tant est que ce soit une alternative plausible au machisme, bof !!!) Donc commençons par changer cette société qui ne permet pas aux pères de dormir à la maternité, qui favorise les hommes par le salaire poussant les femmes à sacrifier leur carrière quand il faut faire un choix entre qui travaillera et qui restera au foyer.

Pour l'allaitement, personnellement je suis pour que chacune ait le choix, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui. Souvent celles qui veulent allaiter y renoncent par manque de soutien, de conseils dès la maternité. Ensuite, contraintes de reprendre le travail, elles doivent encore renoncer contre leur volonté. Et on ne parle pas d'un allaitement qui durerait des mois là. ça commence dès deux mois et demi, et deux mois et demi c'est tôt pour sevrer un enfant. Je pense qu'une femme qui a sciemment fait le choix de l'allaitement ne renonce à rien d'elle-même en se mettant entre parenthèses pendant quelques semaines voire quelques mois. Faire un enfant est un projet qui ne peut s'envisager comme on changerait de cuisine ou comme un déménagement.

"La relation à l'enfant est devenue hystérique", certes.

Effectivement les mères célibataires ont moins les moyens que les autres de gagatiser devant leur progéniture et je le regrette. Cela ne veut pas dire que reprendre le travail au bout de deux mois et demi soit le seul salut pour les femmes.

Quant à Publicis, moi ça me dérange. Car son livre dénonce une dérive qui est loin d'exister (la pression de l'allaitement) et vante le petit pot comme une libération de la femme. Tout ce que je vois, c'est la prise de la femme en otage entre son sein et les petits pots. De toute façon coupable. Donc effectivement son actionnariat à Publicis me gêne.

Ce qui aurait été écoeurant, c'est que Mme Badinter vende son livre (ce qu'elle fait) sans que personne ne lui réponde.

zan' a dit…

c'est fou comme je ne sens pas cette pression dont elle parle, Dame Badinter.

je suis mère célibataire. j'allaite. encore. après + d'1 an. je privilégie le bon miam pour la gosse. bon les couches, ce sont des (presque) normales.

pour autant ça ne m'empêche pas de vivre.
et je m'adapte à ma fille plutôt qu'elle ne s'adapte à moi. pourquoi ? par faiblesse face à mon entourage ? non. juste parce que ça m'est naturel. après tout personne ne s'est mêlé de mes choix.

je ne suis pas bourge. mon milieu "branché" vit avec une moyenne de 1000€/mois. je suis en dessous. donc ça ne vient pas non plus de ça.

alors ouais certaines seraient outrées de me voir me déplacer non-stop avec mon monstre sous le bras. de lui préparer une soupe mangeable (vous avez déjà gouté les p'tits pots ??!). de ne prendre mes couches que sans saloperies dedans parce que je sais que j'aimerais pas porter un truc plein de chimie sur le popotin.
mais ces "certaines" ne sont pas de mon milieu. ces certaines se disent féministes mais veulent me retirer ces choix de femme.

mon mode de maternage (je sais pas si le mot est adéquat) ne fait de moi ni une greenpeaceuse ni une esclave moderne, ni même une femme d'intérieur (j'ai pas vraiment le profil de l'emploi).

alors oui moi quand j'entends Dame Badinter, je ris et me dis que nous ne vivons pas dans le même monde. ça doit juste être ça en fait.

maudou a dit…

ben moi je suis une maman célibataire et célibattante comme je dis. Je suis maman de 3 enfants, j'ai tjs fait moi même tous les repas de mes 2 grands (le petit n'a que 6 semaines). (J'ai eut un parcours amoureux plus que chaotique, je ne suis pas tombée sur les bons HELAS). Par contre je fais la nourriture de mes enfants car c'est bien moins cher que du tout prêt (pour cela mangeons des légumes de saison) mais il faut aimer cuisiner, j'allaite mon dernier pour question de commodité (oui car faire chauffer un biberon y mettre de la poudre etc.... c'est pas tjs super pratique) et question d'économies (oui oui je le dis haut et fort ça ne coute rien de produire son lait ^^) . Et puis j'aime par dessus tout quand j'allaite mon petit, je suis bien en phase avec lui c'est un moment unique. Quand j'allaitais le second j'ai tiré mon lait pour faire participer le papa au mieux. Mais les hommes ne veulent pas spécialement se lever la nuit.... Et en ce qui concerne les couches lavables je les utilises aussi et ce n'est pas une mode de bourge comme le dit Belâm mais tout simplement pour question ENCORE d'économieS. Alors quand j'ai passé le premier mois à changer entre 6 et 10 couches par jour que le prix d'une couche est chère , alors que oui l'investissement des couches lavables est gros mais c'est qu'une fois. Et je ne fais pas ça pour le côté écologique (quoi que...) mais quand on pense aux dizaines de produit qu'il y a pour fabriquer une couche (pétrole etc...) que c'est pas top pour les fesses de nos bébés, que les couches lavables donnent bcp moins d'erythème fessiers. Et moi encore pour répondre à Belâm je ne me déplace pas en voiture car j'en ai tout simplement pas les moyens alors j'utilise mes papattes ou bien simplement le bus. Je gère moi même mes 3 enfants et personne ne saura mieux le faire que moi et pERSONNE ne me dira que faire allaiter ou pas, mettre des couches lavables ou pas... Mais quand madame Badinter dit qu'on retourne à l'Ere de nos grand-mères je ne suis pas d'accord. Ces femmes là se sont battues justement pour que nous ayons le pouvoir de choisir. Mais il est vrai que cela échappe un peu à madame Badinter visiblement. Je n'ai rien contre elle, ni contre personne d'ailleurs j'ai acheté son bouquin, je l'ai lu jusqu'à la fin. Parfois j'ai eut un peu de frissons d'énervements. Par contre j'aimerai qu'on arrête de critiquer les mamans qui allaitent comme celles qui n'allaitent pas. CHACUNE a le droit de choisir. Mais qu'on aide celles qui veulent allaiter pour la mise au sein à la maternité'(moi j'ai eut le droit a "si ça ne marche pas au bout de 2/3 tétées mettez le au biberon ne vous ennuyer pas avec ça"...)
De toutes façons chacun choisit en son âme et conscience, et chaque maman sait ce qui est le mieux pour elle, pour sa famille et aussi pour son bébé. Bonne nuit tout le monde.

maudou a dit…

je viens de lire le commentaire de Zan et je suis bien dans le même cas qu'elle et on a dit à peu près les mêmes choses.... Alors oui nous voir avec notre môme accroché sous le bras ça en dérange peut être certains (certaines) mais c'est ainsi alors RESPECTEZ nous. Moi non plus je ne suis pas une militante de Greenpeace, ni d'écolo bobo et pourtant j'essaie de faire attention pour ne pas laisser une terre pourrite ^^ à mes pitchounes. Et puis regardez juste la composition d'une couche, ou d'un petit pot.(Ahhhhh rien que sentir l'odeur ça me donne des nausées)!!!! Et moi aussi son appartenance à Publicis me gêne un peu mais c'est pas ça le pire, ce sont juste ses propos qui me gonflent.

Sophie a dit…

Ça va trop m'énerver mais je suis complétement d'accord avec Badinter.

Belâm a dit…

Ben écoutez les filles, tant mieux pour vous si vous avez le temps d'allaiter pendant des mois, de laver des couches et cuisiner.

Moi, ça commence à me gonfler les reflexions des nanas, qui te regardent en disant "mais t'as pas allaité ?!!"

"Tu donnes des petits pots ! Mais c'est dégueulasse comment tu peux faire ca ? Et puis tu pollues la planete avec tes couches jetables"

(voir commentaire édifiant de Maudou qui ds le genre culpabilisant se pose là)

Elles me gonflent ces gonzesses. Voilà pourquoi je suis d'accord avec E. Badinter. Parce que c'est toujours les femmes qui tombent dans ce genre de trip et rarement les mecs. Et qu'en plus de , sous couvert de "J'ai le droit de faire ce que je veux" elles foutent la pression aux autres. Celles qui ont envie de bosser et d'y retourner au bout de trois mois et demi, celles qui ont aucune envie d'allaiter, et celles qui ont envie d'avoir du temps pour elles.

Oui.. les égoïstes....

Elisabeth Badinter a raison de piquer ce coup de gueule. Parce qu'insidieusement, les femmes sont en train de se tirer une balle dans le pied. Du moins, entre elles !!!

Jusqu'à présent la cohabitation entre mères-poules et mère-"indépendante" se passait tres bien. Pour ce que je constate autour de moi, de plus en plus, c'est que les premières culpabilisent les secondes.

Et ca commence à bien faire !

maud a dit…

ma petite Belâm je n'attaque personne.... Bien au contraire tu sais je n'ai pas eut le même comportement avec les 2 grands je n'avais pas le temps de laver les couches, donc oui je prenais des couches jetables, et puis j'ai du arrêter l'allaitement au bout de 2 semaines pour ma grande (mais ça c'était question de désinformation)... Par contre si je cuisine bcp ce n'est qu'une question d'économie, je n'ai pas les moyens d'acheter des petits pots tout fait et puis j'adore ça, donc ça ne me pose pas problème. J'ai une belle soeur qui est archi écolo et pourtant elle a tjs nourrit ses enfants avec des petits pots achetés alors faut pas dire parce qu'on nourrit les enfants avec du fait maison on est écolo etc... faut arrêter ses clichés. Moi j'ai aussi une autre raison du pourquoi je cuisine il y a 4 ans j'ai ahceté un taboulé tout fait j'ai fait une oedeme de Quinck à cause d'un composant dont j'ignorais être allergique. Et ce composant était tt simplement un conservateur alors j'évite au maximum d'acheter des trucs tout prêt. Et puis tu sais on peut cuisiner du bon et vite comme je fais moi.. je ne passe pas ma vie en cuisine bien loin de moi tout ça.... bisous les filles

Angelina a dit…

Le plus navrant dans tout ça, c'est que Madame Badinter aura juste réussi à soulever une moitié de la population féminine contre l'autre. Alors que le problème n'est pas là.

Cela dit, je suis d'accord avec toi Belâm. Il y a des bonnes femmes qui ont tendance à regarder de travers l'autre moitié de la population féminine parce qu'elles n'ont pas allaité, et ont pour elles-mêmes le sentiment de se sentir de "bonnes mères" pour toutes les bonnes choses qu'elles ont prodigué à leur enfant quand les autres ont eu recours à la facilité.

Et je suis d'accord que cette tentation naît d'un fond naturaliste qui essaie, au travers des magazines féminins et des émissions de TV, d'imposer une doctrine.

Est-ce une raison pour stigmatiser ces pauvres bougresses dans un livre, en criant "le système fait ci aux femmes, le système fait ça", alors qu'à part en faire le moins possible, le système ne fait rien du tout ? Le résultat de la si géniale analyse de Madame Badinter, qui n'est pas fausse juste outrancière, vue à travers une loupe, c'est de stigmatiser non pas un système, ni les institutions sanitaires, mais tout simplement les femmes "en accord avec leur désir de maternité".

C'est subtil, ténu, ça ne tient pas à grand chose, mais ce discours est dangereux. Je ne comprends pas pourquoi elle n'a pas pris les choses à revers en s'attaquant au fond des choses, comme une Gisèle Halimi lorsqu'elle évoque le congé parental.

Belâm a dit…

Je crois qu'on finit par se rejoindre. Le truc c'est qu'effectivement Elisabeth Badinter a caricaturé le bordel, qu'elle a tapé du poing sur la table alors qu'il y avait peut etre juste besoin d'analyser une tendance

Je n'aime pas l'idée que les femmes se jugent et se tapent dessus. Je crois qu'il y a de la place pour tout le monde à partir du moment où tout lemonde assume les consequences de ses choix

"J'arrete de bosser" = je me mets potentiellement en danger car trop dépendante

"Je n'arrete pas de bosser" je mets potentiellement ma relation aux enfants en danger car moins de temps passé avec eux. Pas le temps de les voir vraiment grandir

"j'allaite" = mon bébé dépend vraiment de moi et de moi seule

"Je le nourris au lait maternisé" je "prive" mon bébé d'un prolongement de relation charnel et de ts les bienfaits du lait maternel


etc.. etc....

Chacune est libre de gérer cela comme elle l'entends. Sans pour autant "hurler" que ses choix sont les bons et en sous entendant "toi, l'autre qui ne fait pas comme moi, tu as tort". Mais des lors qu'il s'agit de maternité, les femmes sont à cran.

Moi la première :)

zan' a dit…

Ah non Belâm !je suis pas d'accord ! si les nanas qui allaitent pas autour de moi pensent qu'en allaitant je leur fous la pression alors elles sont carrément parano !

les allaiteuses pouponnent niaisement parce qu'elles n'ont rien à foutre d'autre de leurs journées, qu'elles taffent pas et qu'elles kiffent cuisiner, voire qu'elles sont bobonnes ?
oui je raccourcis vachement tes propos (mes excuses ^^) mais :
je taffe à domicile + de 10h/jour. et j'suis pas bonne à marier. (vraiment pas...) donc je suis hors cliché.

chacunE (puisqu'on est d'accord que messieurs s'en battent encore bien majoritairement les reins) adapte sa maternité à sa sauce. ya pas de recette ni de règle et ça n'a rien d'inné.

maintenant si des nanas fliquent (c'est mon mot du mois) ta façon de materner, c'est vraiment qu'elles n'ont rien d'autre à foutre ces andouillettes, pitingue ! mais ça doit quand même dépendre des milieux parce qu'autour de moi (heureusement) personne ne se mêle du fait que je fasse manger du saucisson à ma gosse ou que je fume (et qu'elles ne viennent pas essayer.)
et ouais j'avoue j'allaite par fainéantise huhuhu ceux qui me connaissent savent !

que tu les catégorises "mères poules" ou "mères indépendantes" (je me demande dans quel tiroir je me trouve) perso je ne laisserais personne se mêler de mes façons de faire. et je ne me mêle pas des leurs.
c'est peut-être ça, qu'elle fait, Dame Badinter : elle règle ses comptes.
tant qu'elle ne victimise pas en me pointant du doigts parce que, moi, méchante égoïste, j'allaite...

zan' a dit…

ah bah ouais en fait mon com' ne sert à rien puisqu'on dit la même chose ^^

maudou a dit…

En tous les cas c'est top de pouvoir échanger sur ce sujet sans se "bouffer" la figure... Je respecte les choix de chacun et j'aimerai que les gens respectent les miens aussi.... Vous savez j'ai découvert que j'étais enceinte très tardivement, et bcp de gens n'ont pas compris pourquoi je n'allais me faire avorter en Espagne. Et ça je trouve que c'est un manque de respect non seulement pour moi mais tout d'abord pour mon fils. Je pense que l'étape première est de respecter chaque être humain en fonction de ses envies, de ses désirs et de ses convictions.

Belâm a dit…

voilà, ca ca va remettre les choses à leur place. " La mère Badinter" n'est pas caricaturale, c'est bien ce que je pensais. Une fois qu'on a lu le bouquin, tout de uiste c'est pus nuancé

voir ici

http://ladiesroom.fr/2010/02/13/le-conflit-la-femme-et-la-mere-delisabeth-badinter-2/

Belâm a dit…

Le commentaire sur le billet de ladies room de "couille bleue" est édifiant sur le courant de culpabilisation qui regne face à celles qui ne veulent pas allaiter.

Voilà pourquoi je me suis agacée en début de billet. Typiquement le genre de discours qu'on entend de maniere recurrente depuis quelques temps

Angelina a dit…

Tu as parfaitement raison Belâm. Je crois qu'il y a eu comme un malentendu. Elisabeth Badinter fustige un courant naturaliste qui a pour conséquence insidieuse de culpabiliser les femmes. Mais le résultat, c'est que les femmes qui se reconnaissent dans certains aspects de ce courant se sentent personnellement attaquées.

Pour ma part, j'ai la sensation que Madame Badinter a, volontairement ou non, entretenu le flou artistique, surtout après l'avoir entendue lors de sa journée d'"antenne ouverte" sur France Inter s'en prendre directement à Cécile Duflot.

Magali a dit…

Les mères allaitantes culpabilisent les mères non allaitantes ? ben on doit pas être très efficace parce qu'il n'y a que 4 % des mères qui allaitent après 4 mois ...
ah ça vaut le coup un livre à grand coup de pub' pour 4% des mères, voilà donc un vrai problème Mâme Michu !!!

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