dimanche 20 mai 2012

Comme quoi...Un peu d'Effy, beaucoup d'effet...

 from Arthur Flanagan


Il s'appelle Arthur Flanagan et m'a sollicitée sur Facebook pour savoir ce que je pensais de son blog. Heureuse initiative ! Il ne savait pourtant pas que j'organise un billet sexué tous les dimanche soirs (or so) pour faire grimper mon audimat à des hauteurs vertigineuses.

Le monsieur est un auteur érotique, complètement adepte de la fessée au point de s'autoproclamer "fessothérapeuthe" (si !). Activité à laquelle il a consacré un ouvrage Maux de chair à retrouver sur son blog, intitulé Les flâneries d'Arthur. Il va de soi que ces liens sont à réserver à un public trèèèèèèèès averti.

En attendant, merci à Arthur Flanagan d'avoir accepté que je publie un extrait de son oeuvre ici.


Photo trouvée




Je m’étais octroyé un jour de repos pour répertorier mes historiettes et amorcer la mise en page.
Je m’évertuais à censurer certaines digressions fallacieuses, lorsqu’une excroissance accidentelle agrémenta mon caleçon.
Je ne me leurrais pas, mon braquemart tout pimpant venait d’annihiler mes résolutions artistiques.
Sans délai, je me besognai dans une sympathique intempérance.
Le souvenir de Sophie insuffla une dimension ambivalente à mon aparté.

C’était une bonne copine.
Et par malheur, seulement une bonne copine…
Elle était en troisième année de cycle et rédigeait sa thèse.
Elle passait pour affable mais secrète.
 Sophie était toujours mal accoutrée, toutefois elle avait une allure, une prestance.
Même misérablement fagotée, cette fille était à croquer.
Elle se mélangeait peu et quand il lui arrivait de sortir, c’est moi qui la chaperonnais.
Elle m’avait ensorcelé, mais j’étais son confident et ce rôle funeste me pesait.
Sophie était mon fantasme de prédilection.
Lors d’une crémaillère, nous nous rapprochâmes enfin.
Je la raccompagnais chez elle, ambitionnant de perpétrer pléthore de canailleries sur ces deux melons qui bondissaient de leur nid à chaque fois qu’elle trottinait…
Elle logeait chez l’habitant dans le centre ville.
Tout se fit naturellement.
A priori, j’avais méjugé mon charme.
Sa langue se lova autour de la mienne et ses cuisses ovationnèrent mon bas ventre.
Son parfum capiteux ameutait mes sens et sur ces entrefaites, mon aiguillon commençait à crier famine…
Je ne me dispensais pas de peloter indolemment l’objet de mon stimulus, quand d’un regard moins avenant, elle stoppa net mes ardeurs masculines.
Craignant l’avoir brusquée et avoir ainsi commis l’irréparable, je reculai tout déconfit.
Ma débâcle devait être désopilante, pour preuve elle s’esclaffa.
Elle alluma une cigarette.
C’est ce qu’elle faisait systématiquement lorsqu’elle voulait parler.
J’étais chafouin…
N’étais-je qu’une oreille attentive ?
Et qu’allait-il advenir de mon exubérance qui pulsait ?
Je souscrivis à son désir discrétionnaire et m’assis chagrin, sur le canapé.
Elle s’allongea sur le dos et déposa naïvement sa nuque entre mes cuisses.
C’était abracadabrant.
J’étais tout endolori.
Je n’osais plus rien faire, ni même respirer.
Elle brisa le silence.
« -Tu sais Arthur, moi aussi j’ai envie de toi et depuis le début, alors ne te formalise pas pour ma réaction…Mon assentiment, tu l’as…Mais au préalable, j’aimerais accoucher de quelque chose qui me tient à cœur…J’implore ton indulgence car je n’ai jamais raconté ça à personne… », fit-elle avec sérieux.
Subodorant un foisonnement d’inepties œdipiennes, je tentai de dédramatiser.
« -Tu sais que tu peux compter sur moi, Sophie…Et puis je suis aguerri, quelque soient tes allégations, il n’y a aucun risque que je m’offusque…Tu fais un monde de rien…Allez vas-y…Je ne suis pas un dinosaure bégueule…Ouvre-toi sans fioriture…»
Elle se précipita.
« -J’ai des penchants maso…Enfin non…Je suis fétichiste d’un mot…
-Et ce mot est… ?
-Je raffole du mot: Fessée !»
Le sort en était jeté…
Mon caleçon irait au sale !
« -Ce n’est apparu que sur le tard et depuis, je suis continuellement sur le qui vive…Aussi monstrueusement déraisonnable que cela puisse paraître, ce mot est magique…Dès que je l’entends incidemment au détour d’une conversation, à la télé ou à la radio, je capitule ignominieusement et je me trouve dans un tel état d’excitation que je dois m’isoler pour me caresser.
J’ai atteint l’apothéose l’été dernier en vacances sur la cote.

J’étais crevée, j’avais fait la bringue toute la nuit.
Tu as l’air sidéré, Arthur…
Quoi de plus normal… Je n’ai jamais été très loquace sur cet aspect de ma personnalité…
Je crois que tu te méprends à mon sujet…
Tu m’idéalises un peu trop…
En vérité, je ne suis pas cette nana lisse et pondérée que tu as l’habitude de côtoyer.
Pour peu que tu ne sois pas là pour veiller sur moi, le masque tombe.
Bref…
 Ce soir-là, j’étais salement éméchée.
Je regagnais ma tente à tâtons.
Je titubais dans la pénombre.
C’était pas beau à voir…
On aurait dit une vieille pochtronne !
 Tout à coup, j’entendis un clapotement.
Je pensai à un torrent, mais il n’y en avait guère autour du camping…
Ca ressemblait plutôt à un bruissement de graviers qu’on déplace au râteau par un matin d’automne.
Bourrée néanmoins romantique la Sophie…
Je finis par me rendre compte que ça provenait d’un mobil home.
J’avançai, inquiète de savoir ce qui se tramait à l’intérieur…
Et là…
Le pied total !                                                                                                               
 Quelqu’un avait droit à une déculottée carabinée !
Je me planquai derrière la porte, prête à intervenir sans nuance au cas où un enfant  eut été maltraité, mais escomptant qu’il n’en était rien et que Madame très indocile se faisait malmener le popotin par Monsieur très en pétard…Bien que l’inverse m’eut certes aguichée davantage …
J’écoutai avec attention.
Ca ne faisait pas un pli…
L’acte était forcément consenti.
Un gosse aurait hurlé !
Cette claquée était disparate et sonore, dantesque et acide.
La rhapsodie était aussi idyllique que ma lingerie saccagée! 
Et pan et pan…Ricochant alternativement sur chaque colline douillette...
Je ne voulais pas voir, juste ouïr incessamment et me laisser bichonner par la virtuosité lapidaire de cette main qui ne discontinuait pas, par cet instrument naturel qui se vouait diligemment à une avanie ineffable.
J’étais en pleine tourmente licencieuse.
Un exécuteur des hautes œuvres n’officiait rien que pour moi.
 Si avant j’aimais le mot, présentement j’adulais le chant.
Il me muselait, m’écorchait et me submergeait d’enthousiasme.
Je ne sentais plus mes jambes.
J’avais des bouffées de chaleur inouïes.
Je dégoulinais à foison et jouissais par séquences de plus en plus longues…
Et puis…Des pas…
Un couple avec des cornets de glace se dirigeait indument vers la caravane à coté…
Je m’éloignai en marmonnant une pléiade d’insanités.
J’ai longtemps haï ces gens !
Je ne suis pas revenue sur mes pas, le charme s’était évaporé…





in: The closer I get

22 commentaires:

Sand a dit…

Y a un peu beaucoup de mots ... Beaucoup.

Arthur a dit…

Un roman sans beaucoup de mots...C'est un peu triste non? lol

Sand a dit…

Alors je m'explique : dans ce genre de textes, plus encore que dans n'importe quel autre, l'usage du mot est important. Puisque ces littératures sont la avant tout pour induire certains effets chez le lecteur, la précision est encore plus de mise que pour un texte lambda. Il faudrait construire un texte de façon si fine et si précise que la trame ne se devine pas, le travail de l'écrivain non plus, qui se gargarise de poser ça et là des mots compliqués par pure forfanterie littéraire du moins c'est l'impression qui se dégage. C'est exactement comme de regarder un ballet classique : l'étoile danse de façon si aboutie que n'importe lequel de ses mouvements semble naturel et évident alors qu'il y a des années de travail et de souffrance derrière. Ici, l'abondance de vocabulaire littéraire complique le verbe, nuit à l'image, les métaphores alambiquées se succèdent (joyau spumescent, pardon mais c'est assez peu évident au premier abord - les quelques secondes nécessaires à se representer ce qu'est ledit joyau évadent le lecteur de ses sensations et nuisent à l'effet purement sensuel.). Il faudrait pouvoir lire ces nouvelles érotiques d'une seule main (et pas parce que l'autre est occupée à ouvrir un dictionnaire mais bien à d'autres activités plus délictueuses :P ).

Autre souci pour moi : un non respect des niveaux de langage au sein du même dialogue. Passer d'un vocabulaire et de tournures purement épistolaires (ce qui en soi est déjà compliqué à maîtriser sans tomber dans le ridicule - mais je suis sure que vous connaissez Molière et ses précieuses ) à des elements de langage de type parlé purement prosaiques et presque vulgaires ... La dichotomie rend le dialogue irréaliste. Soit on verse dans l'un soit dans l'autre: mais pas dans les deux pour le même personnage. Ça donne l'impression que l'auteur lui même ne savait pas quoi en faire.

Voilà. Je suis certainement une lectrice exigeante. Mais j'aime trop les mots sans doute. :-)

Sand a dit…

Dernière chose : ce n'est pas le nombre de mots qui fait un roman. C'est la façon dont aucun n'est inutile.

Arthur a dit…

je vous trouve à la fois pertinente et aussi très impertinente

Arthur a dit…

et pour le deuxième adjectif, je pense pouvoir faire quelque chose pour vous..rire

Sand a dit…

Je n'ai absolument aucun sens des conventions, quand il s'agit de littérature. :)

Arthur a dit…

De meme lorsqu'il s'agit d'impertinence!

Sand a dit…

Relisez moi bien. Si vous n'êtes pas trop de mauvaise foi, vous verrez bien que j'ai raison.

Arthur a dit…

Non mon style n'est pas ampoulé, il est travaillé. après qu'il ne vous plaise pas , c'est autre chose...que vous ne soyez pas sensible à la fessée punitive publique aussi...

Sand a dit…

Je suis une grande lectrice d'auteurs classiques. Et donc sensible à la recherche et au beau verbe. Mais je persiste à penser qu'on est toujours à deux doigts avec ce style d'en faire trop.

Nul besoin d'être sensible ou non à la fessée publique : vous faites du hors sujet là.

Arthur a dit…

z'etes prof ou quoi, pour etre aussi reductrice ?rire....En faire trop? peut etre oui et alors?

Sand a dit…

Ça nous ramène à mon premier commentaire : un texte érotique est fait pour erotiser, pas pour que son auteur en fasse une sorte de panégyrique à son vocabulaire.

Arthur a dit…

C'est dingue ça...Alors pour vous, il faudrait que parce que j'écris des textes érotiques, il faudrait que mes mots soient banals au possible...ben non, désolé mais non, trouver le bon mot au bon endroit, c'est bien et les lecteurs de romans érotiques sont friands de ce type de recherche.

Sand a dit…

Ai-je dit qu'il fallait que ce soit banal ? On peut user de nuances où cela vous semble-t-il étranger ? Simple ne veut pas dire banal, accessible ne veut pas dire pas travaillé. Au contraire je crois qu'il est plus difficile d'écrire quelque chose qui semble naturel, comme la respiration que de plaquer des mots emberlificoteurs partout pour faire genre. C'est un avis, c'est le mien. La littérature érotique souffre souvent de trop de prétention littéraire. Relisez un Pierre Louÿs. Voilà du précis, de l'efficace et pourtant puissant au niveau de l'écriture sans jamais une seconde être pompeux.

Arthur a dit…

Vous ne pensez pas que depuis PL , y a des trucs sympas qui ont été écrit?...Ce que vous appelez "faire genre", e procure du plaisir parce que j'aime le mot et j'aime bien l'usiner à loisir, après pour ce qui concerne la prétention littéraire érotique, je ne sais pas...J'écris pour me faire plaisir avant tout, et visiblement pas mal de gens aiment ce que je fais, vous me trouvez pompeux, ok pas de souci...je ne suis pas Proust, j'en suis conscient, je ne vise pas la gloire, j'ai passé l'age...Et vous savez, je n'ai aucune prétention mais alors aucune...On peut pas plaire à tout le monde!

Sand a dit…

Je prenais Louÿs comme exemple notable de "cul" recherché. Notez que j'ai ma réponse maintenant. Vous écrivez pour vous. En premier. Dans ce cas pourquoi publier ? Étrange paradoxe non ?

Arthur a dit…

Rire....Non mais sérieux, vous connaissez beaucoup d'auteurs qui écrivent juste pour les autres? Non mais franchement...On écrit d'abord pour soi et ensuite on publie pour etre reconnu par l'autre...Pkoi absolument chercher à polémiquer sur tout? En manque de fessée? rire

Sand a dit…

La critique constructive. Échange que permet internet. Dont je suis assez friande. Mais manifestement vous camperez sur vos positions moi sur les miennes. Sans rancune.

Arthur a dit…

Ne m'en veuillez pas mais j'ai l'impression de batailler avec un succédané d'intello bobo, bourré de certitudes, pleine de rancoeur, qui n'a tout simplement pas encore reçu la déculottée publique qui lui ferait le plus grand bien...Donc bonne journée ...Et franchement, faites vous fesser, z'en avez besoin vous..rire

Julie a dit…

Je me permets une seule et unique remarque, pour le reste Sand LAblonde sait déjà que je l'approuve.à propos de l'écriture pour soi et pour les autres. Il faut arrêter l'hypocrisie, lorsque l'on publie, c'est que l'on écrit avant tout pour être lus. C'est la journaliste qui le dit.

Arthur a dit…

Qui a dit le contraire?

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