jeudi 12 juillet 2012

Monsieur Sarkozy et le syndrome de Diogène

from shaman dolpi
                                                                                                           


Le syndrome de Diogène est un trouble dont le patient qui en souffre, garde, entasse, collectionne des choses inutiles de manière irrationnelle. Mais quel est le lien entre cette pathologie, et la stratégie employée par Monsieur Sarkozy dans l’Affaire Bettencourt ?



Définition : le syndrome de Diogène est un trouble du comportement dont l’une des caractéristiques est le besoin obsessionnel et compulsif d’accumuler des marchandises inutiles et sans valeurs, ou l’incapacité de s’en débarrasser soi-même.  En gros, si au bout d’un moment vous ne parvenez pas à jeter à la poubelle telle ou telle chose inutile, c’est que vous êtes plus ou moins atteint du syndrome de Diogène, voire de collectionnisme ou encore de syllogomanie. Apparemment, à première vue, rien à avoir avec une affaire politico-financière, comme celle de Sarkozy-Bettencourt, n’est-ce pas ? Bah…

Le nom du syndrome a été adopté en référence au philosophe grec de l’école cynique du IVe siècle avant notre ère, le même Diogène à qui il arrivait de dormir dans un tonneau et à qui l’Histoire a collé l’image d’un débauché. On est loin de la Rolex, certes. Quoique. Quoique. En tout cas, celui qui a ce T.O.C. (trouble obsessionnel compulsif) choisit « un isolement social aussi grand qu'il peut ». Apparemment, ça n’a rien à voir non plus avec cette idée de choisir de passer des petites vacances sur un yacht au large de l’Île de Malte quand on vient de se faire élire, certes. Quoique. Quoique.


« Se pensant à tort ou à raison en risque de pauvreté extrême, celui qui est atteint du syndrome de Diogène ou de syllogomanie essaie d'économiser le plus possible pour parer à l'avenir, et accumule parfois des sommes importantes sans avoir réellement conscience de leur valeur… ». En gros, le syllogomane est un paranoïaque près de ses sous, de manière superficielle. Et contradictoire en plus. Mais sans être dépourvu de malices puisque le syndrome peut aussi associer entre autres : « un déni de son état, associé en conséquence à une absence de toute honte ; un refus d'aide concernant cet état, celle-ci étant vécue comme intrusive ;  une personnalité pré-morbide : soupçonneuse, astucieuse, distante, tendant à déformer la réalité ». C’est pas facile. Mais comment le soigner ?

« Le traitement doit commencer par la détection des cas de risque, puis l'admission dans un hôpital spécialisé. » Il y en a de très bons au Canada. «  On prend ensuite des mesures adaptées de protection sociale pour éviter la rechute du patient dans ses conditions de vie antérieures. Dans quelques cas, il convient de traiter aussi une éventuelle pathologie psychiatrique associée (dépression, délire chronique). S'il n'est pas possible d'assurer la vie en commun ou de placer le patient dans une institution sociale, il faut lui assurer un suivi régulier, des visites à domicile, et un travail coordonné de services sanitaires (médecin, infirmière, ergothérapeute) et sociaux (travailleur social). »


Voilà ce que nous apprend Wikipédia. Plus loin : « plusieurs études ont montré une corrélation entre la syllogomanie et les TOC. Des patients atteints d’hyperactivité sont souvent victimes de syllogomanie. ». Et encore plus loin : « Il a été noté que les individus qui manifestent ces symptômes tendent à avoir un métabolisme cérébral du glucose différent des autres personnes. Les troubles sont en général traités par la psychothérapie ou les antidépresseurs. » Avant d’être une énigme pour les autres, les syllogomanes sont d’abord un problème pour eux-mêmes. Mais, encore une fois, quel est le rapport entre Monsieur Sarkozy, Madame Liliane Bettencourt, et le syndrome de Diogène ?

Sérieusement, l’hyperactivité, les antidépresseurs, il n’y a rien de drôle là-dedans.  Rien. Mais, en revanche… voilà que « la justice se demande si des retraits d'espèces effectués sur les comptes de la richissime héritière des cosmétiques L'Oréal, Liliane Bettencourt, n'ont pas servi à un financement illicite de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007 » nous informe l’Express.fr. La justice « s'intéresse surtout à deux retraits de 400.000 euros chacun, en février et avril 2007. » Bigre. Printemps 2007 ? C’est loin ça. Très loin. Mais, quoique, quoique, pas tant que ça en fait quand on a... gardé son agenda d’il y a 5 ans ! Sérieusement, il existe des gens qui gardent leur agenda d’il y a 5 ans ? Oui. Il y en a même qui gardent leur agenda depuis l’âge de 5 ans. Vraiment ? Oui. Et heureusement pour eux : ça peut même prouver leur innocence ! Pour l’avocat Thierry Herzog, ça ne fait pas de doutes, la comparaison entre l'agenda et les témoignages parus dans la presse "permettra de démentir formellement la mise en cause" de Nicolas Sarkozy et de démontrer "l'impossibilité absolue de prétendus « rendez-vous secrets » avec Mme Liliane Bettencourt » C’est écrit dedans : «  Il n'y a eu qu'un seul rendez-vous, le 24 février 2007. » C’est écrit dedans : dans l’agenda d’il y a 5 ans !

Mais, cela dit, peu de chiffres existe sur le nombre de personnes atteintes du syndrome de Diogène. En attendant cette statistique, sans doute très instructive, le quotidien Le Monde rapporte qu’un autre témoignage émane de François-Marie Banier, proche à l'époque de la milliardaire,qui « a noté dans son journal personnel une confidence de Mme Bettencourt, évoquant une "demande d'argent" de Nicolas Sarkozy à laquelle elle aurait "dit oui" ». Dans son journal, c’était à la date du 26 avril 2007 précise-t-il.

Pour une personne atteinte du syndrome de Diogène, c’est pareil, le vrai secret d’une vie saine : il faut toujours tout garder. Tout. Et ne pas hésiter à demander à un huissier de se porter garant (ou témoin) de votre goût pour « le toujours tout garder ».


Lors de la perquisition chez Monsieur Sarkozy, que ce soit dans la cave, le galetas, le garage ou dans des réduits…, une source proche du dossier a affirmé que rien n'avait été saisi. Rien. Monsieur Sarkozy avait pris les devants. Mi-juin, au moment de l’interruption de son immunité, l’ex-chef de l’Etat avait fait communiquer au juge une copie certifiée conforme de… son agenda 2007, placé chez un huissier.


Le docteur  en psychiatrie Thomas Knecht, spécialiste du syndrome de Diogène  relativise en soulignant ceci : « Il faut cependant indiquer qu’il existe un vaste champ transitionnel entre l’état normal et l’état pathologique : de nombreuses personnes sans diagnostic psychiatrique entassent dans leur cave, leur galetas, leur garage ou dans des réduits, des objets en tout genre dont la raison humaine pourrait supposer avec raison qu’ils ne seront plus jamais utilisés. Mais par nature, il est difficile de se séparer irrémédiablement d’un bien qui pourrait offrir une protection éventuelle dans un avenir lointain… »

  
dolpi
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in: La part du fabulateur

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