jeudi 18 décembre 2008

Oh Manchester, so much to answer for...

D'accord c'est facile. C'est un titre que vous devez trouver à peu près un millier de fois sur le net. Back in the souvenirs, bitter-sweet-bitter please :
Manchester, Fallowfield, scène 1, prise première. Clap.


Landcross Road.
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Année 0, quartier des étudiants.

Tu habites au numéro 13 et ta porte est rouge sang. Le pub d’à côté est une très vieille et très belle église convertie et n’est plus désignée que par le sobriquet de The Queen of Hearts.

La semaine, ça roule tranquille. La dizaine de bus qui se succédent à une allure infernale montent tous en direction de l’Université. Les take-away pakistanais servent des kebabs jusqu’à pas d’heure, il est même possible d’acheter sa lessive et ses chips au vinaigre à 11 heures du soir au supermarket Night & Day.

Le week-end, la vie se dédouble et dérape doucement entre la nuit et le jour. Tous les samedi matins, des étudiants juifs passent devant tes fenêtres, coiffés de leur kippa. Tu ne sauras jamais où ils vont.

A bit of Wordsworth revealed again, now that they've cut down the bushes in front of this Fallowfield wall.
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Le samedi soir, le quartier entre en folie. Le nombre de bus triple ou quadruple l’espace d’une nuit, des régiments de filles déferlent sur les trottoirs : bottes de cuir ou de vinyl jusqu’aux genoux, jupes microscopiques, seins moulés dans un wonderbra façon Herzigova, bras nus dans le froid polaire pour ne pas avoir de vestiaire à payer, et pas la moindre trace de chair de poule. Elles se répandent dans les moindres coins de rue, usant de leur parlé haché, éclatent de rire à te crever les tympans, te bousculent sans te voir ou te voient d’un petit coup d’oeil méprisant. Tu es française un samedi soir à Manchester. Tu fais tache. La biture de fin de semaine, ici, on l’a dans les veines. Les pubs sont assaillis, cris, commandes, musique à fond, corps agglutinés, la conversation se passe, tu cries pour te faire entendre, les pintes descendent. Toi, tu sirotes ta Guiness, épaisse et goûteuse. Ton interlocuteur en est déjà à sa sixième Corona. Tout à l’heure, il aura dépassé son quota de conneries habituel et tu comprendras qu’il est complètement bourré, irrécupérable, il se fout de qui tu es, il n’est pas là pour ça et la soirée ne fait que commencer.

A 11 heures, c’est la cloche fatale. Les rues sont à nouveau pleines, ça grouille autour de l’Hacienda et de la Factory. Dans les files d’attente, ça rote.

Wheelie bins.
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A la Factory, on ne te laisse pas entrer parce que tu n’es pas lesbienne et que connement tu t’es pointée avec un mec. Tu te rabats sur les boîtes du centre-ville. Tu réserves le Star & Garter pour quand tu es avec Robin. La descente continue. Ce n’est pas tant de les voir ingurgiter, aller pisser, revenir, ingurgiter, aller pisser qui est effarant, c’est d’éviter les flaques de vomi sur les trottoirs le dimanche matin...

1 commentaire:

fanette a dit…

Euh.... ça, dirais-je, c'est de l'évocation de souvenirs...

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