jeudi 22 octobre 2009

Still an eye on Palestine*

*Toujours un oeil sur la Palestine


Suite de la revue de presse des deux côtés du mur qui sépare les Palestiniens du reste du monde.



Les derniers développements concernant le rapport Goldstone

La bonne nouvelle c'est que le rapport du juge Goldstone qui enquête sur le conflit armé à Gaza de l'hiver dernier devrait être examiné "avant fin décembre 2009" selon un flash actu du Figaro daté du 19 octobre. Une résolution adoptée au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU le vendredi 16 octobre, "renvoie le rapport Goldstone aux instances onusiennes, Assemblée générale et Conseil de sécurité, ce dernier étant censé, selon les recommandations, saisir le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) en cas d'échec des enquêtes." La mauvaise nouvelle, c'est que "Plusieurs pays, dont les Etats-Unis mais aussi la Russie, ont indiqué n'être pas favorables à un examen formel du rapport par le Conseil de sécurité."


220 millions de dollars dans le PIF

"Nous voulons voir sur les collines des projets autres que les colonies (juives)", c'est ce qu'a expliqué le Président du Fonds d'investissement de Palestine (PIF) lors du lancement d'un programme immobilier destiné à créer 30.000 nouveaux logements au cours des prochains cinq à dix ans dans les territoires palestiniens. La construction de"2.000 logements bon marché destinés à 10.000 personnes à Reehan, dans le centre de la Cisjordanie" a déjà été entreprise en juin. Et un chantier de "1.000 logements destinés à 5.000 personnes à Djénine, dans le nord de la Cisjordanie" devait débuter la semaine dernière. Ce programme doté de 220 millions de dollars qui devrait monter jusqu'à "deux milliards de dollars au cours des cinq prochaines années" est décrit comme "ambitieux" par la dépêche Reuters publiée sur le site du Point le 12 octobre dernier.


Il faut sauver les femmes juives

"Une municipalité israélienne a formé une équipe spéciale de conseillers et de psychologues dont la tâche sera d’identifier les jeunes femmes juives qui sortent avec des hommes arabes afin de les « sauver »." C'est ce qu'on apprend dans un article du journaliste et écrivain Jonathan Cook basé à Nazareth qui a été publié le 25 septembre 2009 dans The National, un journal des Emirats Arabes et repris par Info-Palestine. Les colonies juives se sentent la cible des jeunes hommes arabes qui vivent en Israël au point même de former des patrouilles comme à Pisgat Zeev, colonie de Jérusalem-Est, "pour empêcher les Arabes de fréquenter les filles juives locales". Toutes les ressources sont mobilisées pour dissuader les jeunes filles juives, notamment celles issues de l'immigration récente qui n'ont pas "n’ont pas subi l’éducation religieuse et sioniste" : affiches, ligne directe vers la municipalité pour "dénoncer" les jeunes filles en péril, vidéos projetées dans le cadre scolaire. L'article nous apprend ainsi que la mixité est vécue comme "« une autre forme de guerre » menée par des Arabes".


Jeunes et (présumés) innocents

Au début du mois d'octobre, l'Etat d'Israël a libéré au total 20 détenues palestiniennes en échange d'une vidéo de Gilad Shalit, selon une dépêche AFP reprise par le site Lacroix.fr le 2 octobre dernier. Le jeune militaire, âgé de 23 ans, y apparaît en bonne santé. Egalement de nationalité française, ce jeune Israélien a été enlevé par un commando près de la bande de Gaza il y a trois ans. "Sa détention continue de susciter une énorme émotion populaire et une intense couverture médiatique en Israël, où une campagne de soutien est très active. Son visage est partout affiché." Et d'ailleurs le Ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner "a appelé à "libérer immédiatement" Gilad Shalit , après la communication au gouvernement israélien d'une vidéo qui constitue une "preuve de vie" du soldat franco-israélien."

D'autre part, dans un entretien accordé à l'AFP le 8 octobre lors de son déplacement en France où il devait rencontrer le Président Nicolas Sarkozy pour la troisième fois depuis l'enlèvement de son fils, Noam Shalit fait état de ses "émotions mélangées" entre la joie de revoir une image de son fils depuis trois ans et son inquiétude. "Nous ne voyons pas la lumière au bout du tunnel", déclare-t-il.




















De l'autre côté du mur, même jeunesse, même innocence car il n'aurait été arrêté que sur la présomption d'une intention terroriste, mêmes liens avec la France. Salah Hamouri croupit dans sa geôle israélienne depuis 2005 sans émotion politique, sans affiches, sans couverture médiatique. Et ce n'est pas être partiale que de l'affirmer. Un article du Figaro publié en juillet 2009 revient sur les circonstances de son incarcération. Le 8 octobre, l'Humanité rapporte la visite de deux élus communistes du Conseil de Paris à l'Ambassade d'Israël à Paris pour demander la libération de Salah Hamouri. Ils estiment y avoir reçu "une fin de non-recevoir". L'article revient également sur le rejet "par les élus de droite et socialistes" d'un voeu "demandant à Bertrand Delanoë d’intervenir auprès du président de la République pour qu’il accepte enfin de recevoir la maman de Salah, Denise Hamouri, comme il l’a fait pour les familles d’autres Français emprisonnés à l’étranger, quels qu’en soient les motifs."


Eviter la honte à La Haye

Pour en revenir au rapport Goldstone, le journaliste israélien Gideon Levy fustige les autorités de son pays qui essaient de le discréditer et minimisent les faits en évoquant une riposte légitime dans un article très fort et très émouvant publié dans le quotidien de gauche, Ha’aretz, le 17 septembre 2009. Intitulé "Eviter la honte à La Haye" et repris par le site Info-Palestine deux jours plus tard, son texte évoque ouvertement "la voie du Tribunal pénal international et (...) des mandats d’arrêt (qui) peuvent être délivrés". Ce sont surtout des phrases sans appel comme "Il y a un nom sur chaque balle, et un responsable pour chaque crime." qui résonnent et dissonent fortement en ce moment en Israël.

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