jeudi 17 mars 2011

Militants, ya basta !

Cela aurait pu être une histoire de bruit et de fureur racontée par un idiot : un syndicat a été envahi. Pour se défendre des trublions qui ont renversé ses pots de fleurs, ce syndicat n'a fait d'autre choix que celui d'assigner devant un tribunal les deux seuls zigotos qui ont pu être identifiés : l'un, Michel Roger, fondateur de la Compagnie de théâtre Jolie Môme, pour avoir parlé dans un mégaphone, l'autre, Ludovic Prieur, animateur du site d'actualités alternatives hns-info, pour avoir raconté la scène sur son site internet. C'est néanmoins ce qui est arrivé à la CFDT qui a attaqué des travailleurs pour "violation de domicile" alors qu'elle est censée les défendre. Au risque de créer une jurisprudence et de rendre l'occupation de locaux, l'une des armes favorites de la lutte syndicale, délictueuse à l'avenir. 

Seulement la CFDT s'en est prise à l'écharpe rouge de la Compagnie Jolie Môme, qui joue mais aussi milite et dont le fief à Saint-Denis ne désemplit pas chaque fois qu'il s'agit d'y lever le poing pour saluer la mémoire de la Commune ou pour fredonner Ya Basta. De cette affaire est né Wanted, un spectacle qui se veut le procès du militantisme à travers les âges.


Loin de moi l'idée de caricaturer la CFDT même si elle a tenu ce jour-là le mauvais rôle de la pièce. Le fait qu'elle ait opté pour la confrontation plutôt que le dialogue avec des intermittents mécontents, rappelle des méthodes que l'on s'attend à trouver plutôt du côté des patrons.

Le symbole de ces deux militants que patronat, syndicat, mais aussi médias opportunément absents, ont voulu faire taire et qu'aucune menace n'a pu faire taire, en dit long sur le rapport de force qui s'établit aujourd'hui entre les "puissants" et les "faibles".

Alors que le tribunal correctionnel avait, en première instance, donné raison à la CFDT en condamnant nos deux personnages pour violation de domicile, le jugement de la 13ème chambre de la Cour d’Appel de Paris a finalement infirmé ce jugement et débouté la CFDT, le 17 septembre 2010.

Aujourd'hui, ce sont quatre militants de la campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanction) qui comparaissent devant le Tribunal de Bobigny pour avoir appelé au boycott contre les produits en provenance des territoires occupés. Il n'y a qu'en France que cela arrive par la magie d'une circulaire rédigée par Michèle Alliot-Marie qui amalgame appel au boycott et discrimination raciale, qui criminalise un mode d'expression, de protestation et de résistance pacifique.

Les procès intentés aux militants du BDS se multiplient. Mais seul un jugement a pour le moment été rendu. Le 14 octobre 2010, la Sénatrice Alima Boumedienne-Thiery, et le militant du NPA Omar Slaouti, ont été relaxés par le Tribunal correctionnel de Pontoise.

« La question en la matière, et quelles que soient les formes d’intervention choisies, est politique. Dans ce domaine, comme dans tous les sujets de caractère politique, la liberté d’expression doit être impérativement respectée », indique un communiqué de l'AFPS (Association France Palestine Solidarité).




L'Appel de Bobigny par belkacem_93


Lire mon article publié sur Bakchich pour en savoir plus.




in: The world is crying out loud

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