dimanche 10 juillet 2011

Son Altesse Sérénissime prince du cul

Tout l'été, de grandes figures de la littérature érotique et sexuelle. 

« SAS tout le monde en lit. Personne n'en parle. » Ce n'est pas moi, c'est Gérard de Villiers qui le dit. L'inventeur du Malko Linge peut en effet en sourire, il aurait vendu plus de 150 millions de livres depuis le début des aventures de Son Altesse Sérénissime (SAS), authentique prince autrichien et accessoirement agent de la CIA.

Les amateurs du personnage sauront pourquoi j'en parle ce soir. En créant SAS, le polar exotico-pornographique, Gérard de Villiers a surtout réussi à exploiter à merveille un nouveau filon dans la littérature française. L'idée est toute bête : prendre James Bond et supprimer les ellipses. Mais à la sauce de Villiers, cela donne un personnage irréductiblement séducteur, très porté sur la chose, redoutable limier de terroristes de toutes sortes (depuis les 60's nous avons surtout vu passer des communistes, des KGbéistes, des FSbéistes, mais aussi des Taliban, des Al-Qaïdiens, des néo-nazis, etc, etc... le prince Malko étant envoyé aux quatre coins du globe). L'autre grand intérêt qu'offrent les SAS est le traitement de grands événements géopolitiques, parfois presque simultanément et d'une façon fort réaliste. C'est ainsi que "Le printemps de Tbilissi" est sorti moins d'un an après la guerre entre la Russie et la Géorgie en 2008, etc... On a même suggéré que Monsieur de Villiers était informé par des espions pour écrire ses bouquins (presque 200 déjà).
  


Comme James Bond, Malko ne vieillit pas, même après 47 ans de bons et loyaux services. Eternellement fiancé à la Comtesse Alexandra Vogel, cela ne l'empêche pas pour autant de rencontrer plusieurs femmes par histoire avec qui il fait épisodiquement l'amour au cours de scènes parfois bestiales, carrément misogynes, très cochonnes, et censées vous faire tenir le livre d'une main. Malheureusement, si vous en lisez plusieurs d'affilée, vous vous rendrez vite compte que l'auteur tourne facilement en rond, malgré les mises en scène et les artifices. En général, les femmes sont très portées sur la chose aussi et sont bien sûr toutes plus belles les unes que les autres. Le Wikipédia consacré à Malko Linge note avec à propos qu'il est adepte de la sodomie et qu'il a toujours des rapports non-protégés.

Ce qui a également fait le succès de la marque SAS reste indéniablement les couvertures des oeuvres où sur fond des trois grandes lettres, se pâme indécrottablement une pin-up très légèrement vêtue et souvent lourdement armée. Un fantasme comme un autre...



Notez surtout que Malko est blond aux yeux dorés. Une précision qu'heureusement l'auteur ne prend plus la peine de mentionner après toutes ces décades au rythme de quatre romans par an, parce que personnellement chez moi, ça ne le fait pas. S'il est aujourd'hui devenu une institution au deuxième sous-sol de la culture, SAS n'en véhicule pas moins une idéologie un peu moisie, entre condescendance capitaliste, complexe de supériorité occidental et racisme de bon aloi. En plus d'être démodé, il n'a même pas l'idée de se recycler, Gérard de Villiers restant campé sur l'axe Est-Ouest qui grâce à Vladimir Poutine, campé sur le même axe, n'en a pas fini de le faire triper.

A lire ? Evidemment oui. Pour les intrigues alambiquées, pour le côté old-fashioned de la chose et pour l'humour que vous pourrez y mettre dedans.

Ah ! j'oubliais...! Et pour les scènes de sexe aussi !



Pour en savoir plus :

La liste des romans non-exhaustive avec les couvertures.
Le Wikipédia de Malko Linge.
Le Wikipédia de SAS.
Le Wikipéida de Gérard de Villiers.

Bon à savoir : une anthologie érotique de SAS est parue, regroupant les scènes les plus chaudes de l'oeuvre.




in: The closer I get

16 commentaires:

hotllywood a dit…

Lu d'une main quand j'étais djeunse, bizarrement je n'avais aucun souvenir du physique de ce garçon.
Et puis les scènes de looping sur Epeda, c'était surtout au début des bouquins, après il se contentait en général de péter lag aux méchants (comme quoi l'homme s'en va mieux en guerre l'esprit libre et la couille légère)

Angelina a dit…

En général la scène chaude, elle est plutôt vers le milieu non ?

Mouloud a dit…

Le vrai intérêt de SAS était d'abord d'afficher ses photos de couverture. Chaque gamin de dix ans plein d'interrogations pouvait en croiser facilement. Le tourniquet de la maison de la presse ou le kiosque était la banque d'images érotique de base... A l'époque, c'était très... enfin, moins... "cheesy".

Angelina a dit…

j'adore le choix de l'adjectif "cheesy"

Mouloud a dit…

ben voui, c'était pour pas dire "ça sent l'pâté".

Franck a dit…

Complètement "cul-cul" comme sujet
;o)

Mouloud a dit…

‎"Prince Cul-cul"

Angelina a dit…

C'est vrai que c'est cul-cul. Aucune adaptation cinématographique qui tient la route n'a été possible, c'est dire si le cocktail est hautement improbable

Mouloud a dit…

La vérité vraie, c'est qu'on se refilait les SAS entre copains en classe de sixième ou cinquième pour deux choses : les couvertures d'une part, et les quelques scènes un peu gore de tortures. Pour le reste, on rigolait déjà de l'inusable "c...oup de reins" et des explosions qui transformait invariablement les méchants en "chaleur et lumière". En fait, De Villiers c'est le pendant "viril" de Barbara Cartland ou de la collection Arlequin: toujours la même chose passé au kaléidoscope afin de changer les noms et les lieux. Mais depuis tout ce temps, a-t-il réussi à trouver le pognon pour refaire la toiture de l'aile gauche de son chateau, le Prince ?

Franck a dit…

Angie, ça tombe hyper bien : j'en ai lu aucun
;-)

Mouloud a dit…

Quel aveux !

Angelina a dit…

J'espère que ça t'a donné envie, j'ai pas été tendre mais en fait c'est super bien... si on est puceau (lol !)

Angelina a dit…

Je rigole :D

Franck a dit…

à suivre en MP
quand je voudrais
bonne nuit

Angelina a dit…

Bizou

Matthieu a dit…

Roman de gare comme on dit. Ce Malko a bien du, au moins mentalement, inspirer bien des lecteurs.

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