vendredi 27 janvier 2012

Bridget Betty ou Nurse Jones ?

Pour une soirée folle-dingue, rien de mieux que se passer ou repasser Nurse Betty, un DVD tout à fait édifiant. Outre le plaisir d'y retrouver la délicieuse Bridget Jones, mais avant Bridget Jones, vous aurez également droit pour le même prix de location à la sublimissime présence du grand Morgan Freeman parfaitement doublé par l'excellent Chris Rock.

Que de qualificatifs me direz-vous ! Que dire de ce petit bijou d'absurde et de loufoque, sinon que ce n'est pas culte mais pas loin ?!

Et pourtant, le film de Neil LaBute (déjà, fallait l'inventer) avec l'attachante Renée Zellweger dans le rôle-titre partait avec plusieurs handicaps au compteur. Le plus notable étant une histoire, certes improbable, mais parfumée au déjà-vu et qui risquait surtout de ne pas être drôle du tout.

Cependant tout y est, ce tout qui donne au truc un fumet délicieux.

La critique sociale : la pauvre Betty se fait rabaisser en permanence par un mari que la beaufitude ne parvient pourtant pas à étouffer (hilarant Aaron Eckhart) qui est accessoirement dealer de drogue. Pendant que son mari saute la secrétaire, elle se pâme devant une sitcom hospitalière qui met le feu à l'amour et conjugue la gloire avec la beauté. Féministes attention, vous allez souffrir...

Le polar : suite à un malentendu généré par notre chère et gourde héroïne, le mari se fait assassiner. Betty prend la fuite avec les tueurs à ses trousses, ou plutôt aux trousses du paquet de drogue avec lequel elle s'enfuit. Les tueurs sont évidemment deux pinces-sans-rire, qui ont trop la classe, ne lésinent pas sur la violence et l'humour noir, et achèvent leur mortelle expédition tels deux Pieds Nickelés.

Le trait de génie : choquée par l'assassinat de son mari, Betty fait un transfert et se projette dans sa série télé préférée. Elle se croit désormais infirmière et se met en quête du docteur dont elle est amoureuse. Quête qui la mènera à Hollywood...


...Un peu comme si je devenais Gabrielle Solis !




Inutile de préciser que c'est totalement déraisonnable, complètement déjanté, que Renée, Morgan et Chris n'y sont pas pour rien, et que ça va très loin dans le délire. La grande réussite du film étant de jouer sans cesse et d'être sans cesse sur la brèche entre le drame et le vaudeville, la violence et le rire, la psychologie et le foutage de gueule. Le spectateur ne sait carrément plus sur quelle chaise s'asseoir. Certains vouent le film aux gémonies, d'autres y ont vu une grande lumière. Reconnaissons que ce film a ce quelque chose "alienien" qui fait son charme entre maîtrise du metteur-en-scène et bras d'honneur dès que vous avez tourné le dos.

Que du bon pour un vendredi soir quoi !

















in: Le DVD du Friday night

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