mardi 20 mars 2012

Les politiques ont du sang sur la langue

from shaman dolpi



Du silence après tant de fureur, les mots se sont transformés en balles ! Gabriel Sandler, Arieh Sandler et Myriam Monsonego ne chanteront plus. Hier, à Toulouse, ces enfants de 3 ans, de 6 ans, et de 8 ans ont été tués. Sans oublier Jonathan Sandler, leur professeur. Quelques jours avant, Abel Chennouf, Mohamed Legouad et Imad Ibn Ziaten, des militaires, ont connu le même sort tragique. La classe politique, les candidats à la présidentielle en tête, parlent de crimes racistes. Parler, parler, parler, c’est leur profession. Qui peut leur reprocher ça. Pourtant, il y aurait moins de discours sur les chrysanthèmes des cimetières s’il y avait moins de blessures racistes dictées par les personnalités politiques, non ? Mais avons-nous le droit de condamner la « libération de la parole raciste » pratiquée jusqu’au sommet de l’Etat et d’en faire une espèce de complicité de meurtre au second degré ?

Brice Hortefeux, Claude Guéant, les discours de Dakar et autres « dérapages contrôlés » ont fait du bruit, et ont les odeurs de Guerlain qui n’ont échappé à personne, ni à l’auteur des crimes racistes, ni aux électeurs d’une France qui porte encore le mot « race » dans sa constitution.

Pour des intérêts électoraux, au lieu d’éduquer, de prévenir, ou de réparer, certains ont préféré stimuler auprès du plus grand nombre la stigmatisation, la négrophobie, l’islamophobie, l’antisémitisme et la division, sans comprendre que leurs paroles publiques, médiatisées, et relayées, pouvaient d’une certaine manière encourager, légitimer, ou faciliter le passage aux actes les plus odieux.

Pour des intérêts incompréhensibles, ça commence par une tolérance à l’intolérance, notamment dans ces administrations publiques, intolérance dénoncée ici et là au sein de la police ou de l’armée française quand on tient des propos sexistes, homophobes ou racistes, ou quand on fait des saluts nazis mais que l’on peut quand même continuer à servir le drapeau.

Alors ensuite on peut venir jouer les présidents protecteurs après les faits, ou les candidats qui interrompent leurs campagnes, mais les mots doux de demain sur les corps sans vie ne peuvent faire oublier les mots irresponsables d’hier pour draguer des intentions de vote non-fraternel.


Cette amnésie inconsciente, ou feinte, est un crime de leste majesté. Non, les politiques ne sont pas coupables de ces crimes racistes, mais oui, ils sont comptables de leurs paroles… influentes. Ils n’ont pas de sang sur les mains. Mais bien sur leur langue.

Alors, aujourd’hui, chers responsables politiques, après ces infanticides antisémites : éduquez, éduquez, éduquez, ou s’il vous reste un peu de lucidité ---- de grâce, veuillez garder le silence.


dolpi

Vous pouvez lire cet article sur Médiapart et y retrouver le blog de shaman dolpi.



in: In the mood for anger

1 commentaire:

lecridupeuple a dit…

Je partage grandement ce coup de gueule. J'ai écrit sur le sujet aussi, pour rappeler : « Beaucoup de mots graves ont été prononcés depuis le début de cette campagne électorale. Des phrases, pensées par des idéologues, couchées sur le papier par des collaborateurs zélés et conscients. Des mots qui dépeignent la haine de l’autre, qui parlent d’une croyance religieuse comme d’une maladie que l’on attraperait en mangeant. Qui casher, qui halal. »

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