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| French Revolution par Stéphane Burlot-Photographe |
1. Choisir la Bastille, c'est un peu présomptueux. Quand le peuple prend la Bastille en 1789, il prend les armes, il fait couler le sang. Bien évidemment, si l'opéra avait été construit à l'époque, il se serait probablement contenté de poser séant sur ses marches.
2. Oui, ce mouvement est bel et bien politisé. J'ai observé que ceux qui y participent, ou du moins ceux qui publient sur Facebook, sont plutôt de sensibilité ultra-gauche. Les revendications, aussi diffuses et éparses soient-elles, ne sont pas celles de l'UMP, ni du PS, ni du FN. D'ailleurs, pour voir à quel point ce mouvement est a-politique, mettons-y quelques militants FN, histoire de voir comment ils seront reçus. Si les actions coup-de-poing de Jeudi Noir ou l'Appel et la Pioche sont très amusantes et tout à fait légitimes (à mon sens), leur tentation NPA et leur présence remarquable parmi ces "manifestants" laissent à penser que la politique y occupe bel et bien une place prépondérante. D'ailleurs, ces revendications appellent bien à une réponse politique.
J'aime entendre les voix discordantes des dits-manifestants. D'aucuns se félicitent du côté désorganisé du mouvement, "preuve qu'il est libre", d'autres en appellent à l'organisation ; dès qu'une fronde populaire doit s'organiser, ce sont des syndicats ou partis politiques qui s'y collent. Avec, généralement, une certaine efficacité. Ici, on voit bien, et pardon d'y revenir, que les organisations de sensibilité ultra-gauche s'expriment beaucoup plus que les a-politiques. La faute aux médias, sûrement, qui aiment à discuter avec des "porte-parole", avec des gens qui représentent quelque chose, que l'on peut identifier.
3. Non, ce n'est pas la contagion des révolutions arabes qui se manifeste. Ni même celle de Madrid. Les premiers ont manifesté un peu plus bruyamment, et pour des raisons un peu moins "petit-bourgeoises". Les seconds campent, squattent littéralement ; ils ne se donnent pas rendez-vous pour s'asseoir le 29 mai.
4. Voir une centaine de jeunes assis sur les marches de l'opéra Bastille en lieu et place des jongleurs et/ou punks à chiens et/ou SDF, voilà qui risque de rassurer plus que d'apeurer. Pardon pour cette digression, mais ces marches sont toujours squattées.
Quant à revenir sur le sens littéral du mot "révolution", ne comptez pas sur moi pour être si tatillon.
Maxime Jacquet.
in: In the mood for anger
