mardi 18 janvier 2011

L'important c'est qu'elle n'y aille pas


Vanessa Paradis n'ira finalement pas chanter en Israël, pour un concert qui était prévu le 10 février à Tel-Aviv. C'est ce qu'elle a fait annoncer sur scène par les producteurs de son spectacle, Charles Bensmaine et David Stern, à l'issue de son concert à Conflans-Sainte-Honorine le samedi 15 janvier.

Est-ce la vibrante campagne menée dans le cadre du BDS (Boycott Désinvestissement et Sanctions) dont plusieurs militants s'étaient donnés rendez-vous à l'entrée du théâtre Simone Signoret où se produisait la chanteuse ce soir-là, qui a infléchi sa décision ? A grand renfort de pancartes (sur lesquelles on pouvait lire "Vanessa Paradis, Israël c'est l'enfer pour les Palestiniens" ou bien "Vanessa, que vas-tu chanter aux enfants de Gaza") brandies devant les files d'attente pour alerter aussi les fans, à grand renfort de slogans ("Vanessa, n'y va pas") et de tracts, plusieurs militants de l'association Europalestine ont mis un gentil boxon. Toujours est-il que, décision prise sur le vif ou mûrement réfléchie, sous l'influence d'une campagne ou pas, la raison officiellement invoquée est strictement "professionnelle".

Que Vanessa Paradis veuille ménager la chèvre et le chou, rester apolitique, ne froisser personne, ne pas sembler céder à la pression, ou donner le change au Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA) qui veut saisir le Ministère de la Culture français, toutes ces raisons n'importent finalement pas. L'important c'est qu'elle n'y aille pas. L'important c'est que l'on souligne, chaque fois qu'un artiste émet le désir de se produire en Israël, pour l'amour de l'art ou pour passer quelques jours au soleil, qu'un massacre silencieux a lieu tous les jours dans ce pays qui a instauré un véritable apartheid à l'encontre de la population palestinienne. Qu'un million et demi de personnes vivent actuellement un blocus qui les séquestre sur une étroite bande de terre entre mer et mur de barbelés.

Tout comme aux Pixies de Frank Black, aux Gorillaz, aux Klaxons, à Carlos Santana, à Gill Scott Heron et à Elvis Costello, moi aussi je dis "Merci" à Vanessa Paradis.








in: Bulle d'information

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