jeudi 6 octobre 2011

L'Huma d'abord

C'est, depuis la création de ce blog, une habitude, une manie, une tradition : le petit résumé de la fête de l'Huma arrive chaque année en retard. Pourquoi ? On ne sait pas. Pour qui ? Pour ceux qui ne veulent pas marcher dans la boue, sont allergiques aux frites-saucisses, votent UMP mais envient ce petit instant intempestif où Arabes et Auvergnats trinquent de concert(s) sans jamais rire jaune. D'ailleurs, si vous  avez loupé ces joyeux petits résumés passés, loin de moi l'idée de vous priver d'une rétrospective dans la joie.

2007, année de chien.
2008, j'ai tout raté.
2009, année rouge.
2010, année instantanée.


Quel goût avait donc la cuvée 2011 ? Un petit parfum de culte de la personnalité a flotté, élections présidentielles en vue obligent. J'ai vu Jean-Luc Mélenchon arpenter les avenues de la fête de l'Huma à la rencontre des humains, flanqué d'une fanfare et de Pierre Laurent (l'autre moitié du Front de Gauche). Et d'ailleurs, quand on se précipite dans le stand du Parti de Gauche pour écouter sa conférence de presse, ça donne ça :


© Angelina


Pas de doute, la star c'était lui. Impossible d'approcher le petit père du peuple de gauche, mais je suis tombée nez à nez avec cette proposition qui laisse rêveuse (et rêveur)...


© Angelina

Quelle bonne idée !
Et puis je n'ai pas tout perdu. Je suis également tombée nez à nez (ou presque) avec (le) John-Paul Lepers, journaliste mythique et collector, qui depuis les années Karl Zéro mouille la chemise pour nous ramener de la parole du terrain, dans le noble exercice de sa fonction.

© Angelina



Cette année encore, leur absence a hanté les allées de la fête de l'Huma. Salah Hamouri et Marwan Barghouti sont toujours emprisonnés en Israël.

© Angelina
© Angelina




















Depuis de nombreuses années, le journal L'Humanité milite également pour la libération de Mumia Abu Jamal emprisonné depuis 30 ans aux Etats-Unis et toujours dans le couloir de la mort.

© Angelina


Quelle belle idée d'entamer la fête de l'Huma un vendredi. Ҫa a permis à Daniel Mermet de diffuer une émission de "Là-bas si j'y suis" en direct depuis le parc de La Courneuve et surtout de venir à la rencontre de ses fans. Lorsqu'il lui a été par exemple demandé par un impudent si, à l'instar du sort qu'il avait réservé à Dominique Strauss-Kahn, il aurait la liberté de mitonner un procès auTribunal des Condamnés d'Avance pour Philippe Val, l'honorable Mermet a répondu, devant une assistance interloquée : "Il n'en est pas question. Philippe Val est un vieil ami, que nous avons toujours soutenu et que nous apprécions. Nous apprécions la façon dont il dirige l'antenne de France-Inter. Et d'ailleurs, nous avons été très heureux d'apprendre qu'il avait été nommé directeur de l'antenne et, à son arrivée, nous sommes tous venus l'accueillir en brandissant des fleurs et avec un sourire béat d'extase...." pour achever sa diatribe sous les applaudissements et les rires d'un public conquis qui s'était ressaisi.


© Angelina



D'ailleurs le forum des associations où sévissait Daniel Mermet aura été l'occasion de croiser quelques revendications bien senties.
© Angelina



Comme par exemple, l'inénarrable t-shirt proposée par Les Mutins de Pangée.

© Angelina



Ou encore cette courageuse affirmation de soi dans un monde de brutes génétiquement modifiées vue au stand de Causette.


© Angelina

Pas de doute, 2011 aura été la cuvée de toutes les contestations.




Oui, une belle idée, vraiment.

© Angelina




Côté musique, la fête était de mise aussi. Je me suis laissée caresser par la voix de Souad Massi et son folk algérien. Si Joan Baez, qui lui a succédé sur la grande scène tard dans la soirée, a une voix de cristal, Souad Massi fait surgir de sa gorge des cascades d'argent.

Je ne veux pas être mauvaise langue, mais pour ma part, j'ai surtout vu un chapeau texan multicolore.
© Angelina



Impérial et félin, exquis, un peu loubard, un rien Valmont, je trouve qu'il se bonifie avec le temps. Il joue avec son public comme un chat avec une souris, le laisse un peu fuir en avant, le rattrape, le regarde dans les yeux, le balance comme il le ferait de la taille d'une femme entre ses mains, à la faire rouler un peu, tanguer beaucoup, à la séduire avant de la posséder.


© Angelina


La chaleur de Rio sous la peau, la fièvre de la salsa dans les hanches, Bernard Lavilliers, c'était la première fois que je le voyais, c'était bon, sensuel et chaud.

© Angelina

Mais des fois les appareils photo se déclenchent à de drôles de moments et les perspectives sur l'écran géant peuvent être trompeuses. (Ou pas d'ailleurs, je dis ça, j'en sais rien.)

© Angelina




En vrai j'ai pas vu Patrice parce que je suis allée manger des escargots au stand de la Bourgogne. Mais c'était bien.

© Angelina

Et il a plu. "On m'a dit qu'il n'y avait pas de fête de l'Huma sans pluie" déclame-t-il sur son avant-dernier morceau. Ah ben bravo ! Déjà belle idée de parler anglais pendant 1h30 à son public quand on est Français avant d'invoquer la pluie. Quelques minutes après la fin de son set, ça donnait ça :


© Angelina



Concert de Joan Baez annulé ? Moi qui était venue dans une caisse de routards de la fête de l'Huma qui m'assuraient qu'ils ne manqueraient sûrement pas Joan Baez parce que c'était toute leur jeunesse, parce qu'ils avaient vu Sacco et Vanzetti au Grand Rex en 1973, je les imaginais bien dépités et rebroussant chemin. Un déluge et une vaste étendue de boue plus tard, c'est avec une heure de retard, sans musiciens et sous une pluie conséquente, que Joan Baez a entamé un concert acoustique improvisé. Et comme un cadeau, elle m'a chanté "Farewell Angelina, the sky is trembling and I must leave".

© Angelina

Elle a pourtant entamé une reprise de The house of the rising sun et Diamonds and rust, entre autres perles. Si elle a perdu en aigu, si elle est un peu plus grave, un peu plus profonde, sa voix est toujours aussi limpide. Ce n'est qu'au moment du rappel que la pluie a enfin cessé, sur Le déserteur, une chanson qui résonne dans son engagement contre la guerre en Irak, omniprésent durant tout le concert. C'est ensuite un Here's to you attendu et récompensé par l'immense rumeur d'un public pourtant nombreux malgré la pluie, la nuit, le froid et la boue.
J'ai la certitude d'avoir vécu quelque chose de grand.

© Angelina



Et puis je suis allée me réchauffer avec la belle Zora. Vous la connaissez, je vous en avais parlé . Elle était de passage au stand de la FASE pour contrecarrer de sa bonne humeur, son grain de folie un samedi soir humide et un peu trop sobre. Cette Africaine du Nord de la France comme elle se plaît à s'appeler n'est jamais aussi bonne que dans le métissage, la rime du flamenco, de l'Orient et de la sensualité. Souvenez-vous du Rouge à lèvre rouge. Une invitation au voyage... sur ses lèvres.

© Yann


La fête de l'Huma le samedi, c'était tellement bien que j'ai recommencé dimanche. D'abord avec HK et les Saltimbanks.

© Angelina


Mais aussi avec ZEP à qui je suis allée faire un coucou de bonheur de les voir.

© Angelina




Et vous, la fête de l'Huma 2011, c'était comment ?



in: Big event little summary

3 commentaires:

Pierre a dit…

C'était très bien. D'autant que j'étais en excellente compagnie.
Très chouette ton post

Pablo a dit…

Comme dab, c'est bien écrit, enjoué et léger. Tout l'art de faire passer des messages dans la bonne humeur

Perles a dit…

joli complement à Lavilliers qui le merite.......

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