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lundi 20 février 2012

Un peu de sonic dans ma vie

L'album est sorti il y a juste deux semaines mais j'avais déjà eu la chance de voir le film Le voyage dans la lune de Georges Méliès dans sa version restaurée et colorisée quelques semaines plus tôt.

Il paraît que l'album de Air, auteur de la musique qui illustre donc Le voyage dans la lune est plus qu'une BO, qu'il est un album à part entière. J'y ai retrouvé toute la magie et la modernité qui a accompagné le film culte de Méliès. Air, je les adore depuis Virgin suicides, ils ne m'ont jamais déçue depuis. Aujourd'hui, en faisant du neuf avec du vieux ou du neuf avec de l'éternellement neuf, ils ont su prendre toute la mesure de la démesure du scénario, de la folie et de l'enthousiasme qui règnent sur ce petit film de 14 minutes grâce à leurs sons éthérés, stromboscopiques, électriques, l'addition de voix aériennes, presque immatérielles. L'album, puisqu'il ne s'agit pas d'une BO, est au demeurant magnifique.

Sonic Armada :






Happy semaine !



in: Gloomy monday

mardi 25 septembre 2007

Quand le ridicule ne tue pas !


UGC porte plainte contre le cinéma municipal Le Mélies à Montreuil à qui il pousse des envies exponentielles de s’agrandir. Pour le motif, grotesque mais non moins réel, de concurrence déloyale !!! Alors là, je me tiens les côtes, j’ai mal au bide tellement je rigole.

Un peu de sérieux. Quiconque a déjà pénétré dans l’un des multiplex d’UGC sait que le géant français ne boxe pas dans la même catégorie que Le Mélies. Aucune comparaison en effet entre ces usines à regarder des images standardisées, customisées pour le formatage de cervelles à vider et à servir sur un plateau à TF1 et Coca-Cola et la programmation riche, cohérente, intéressante, mondiale et multiculturelle de ce cinéma de quartier. Pour info, avant Montreuil, les cinémas municipaux d’Epinal et de Lyon ont connu la même mésaventure pour avoir osé proposer des films à tarifs moindres en zone urbaine.

UGC se plaint qu’on ne le laisse pas gagner d’argent tranquille en décidant de l’offre sans écouter la demande, en aplanissant (évidemment par le bas) les niveaux de la culture populaire. Pour cette seule raison, le cinéma subventionné devrait disparaître. Il faut concentrer le maximum de personnes dans un seul endroit, gigantesque, totalement déshumanisé, le plus souvent au milieu d’un centre commercial, là où tout n’est que lumière artificielle, là où tout s’achète. D’ailleurs, invoquer la concurrence déloyale est bien la preuve que les patrons d’UGC envisagent le cinéma comme un commerce, un art à marketer à coups de produits dérivés, de popcorn, de sodas, de bruit, de poudre aux yeux, de vide intersidéral. Un commerce qui n’a rien à voir avec la réflexion personnelle, l’intelligence.

Organiser des conférences, des rencontres avec des réalisateurs français, mais aussi thaïwanais, africains, avec qui le public peut dialoguer directement, ne leur viendrait même pas à l’idée. Mettre en place des séances de courts-métrages, de films d’animation pour les enfants ne les effleure pas. Exhumer des films de toutes les époques, une ou deux fois par mois, voire plus, dans le cadre d’un cycle ou juste pour le plaisir ne les a jamais atteint que je sache.

Ensuite, on peut toujours s’interroger sur le besoin du Mélies de s’agrandir. Est-ce que plus de salles signifie juste plus de rentabilité ou plus de rentabilité et donc plus de programmation audacieuse, plus de place à la découverte et à la culture ? Je ne peux pas parler en son nom. Je peux seulement affirmer une chose : la relocalisation du Mélies est un grand espoir pour ses spectateurs, celui d’être enfin bien assis…

Plus d’infos ici


in : Angelina's deliriant envy of cinema