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lundi 8 novembre 2010

Un goût de reviens-y

A les entendre, les médias, la démobilisation est parmi nous. Le nombre de manifestants est en baisse, le mouvement s'essouffle, arrive au bout de lui-même, n'a plus de raison d'être, les cortèges se sont clairsemés. C'est à peine si on s'est rendu compte qu'il y a eu des manifs samedi dans toute la France.

Il en est un pourtant qui a su galvaniser les trois pékins qui marchaient derrière le camion sono du syndicat SUD. Avec un bel enthousiasme et sous la pluie, il a fait danser des pieds qui ont martelé je ne sais combien de kilomètres de bitume en éructant "On lâche rien, on lâche rien".

HK et les Saltimbanks, la moitié de MAP (Ministère des Affaires Populaires) ont ensuite offert un concert plein de fièvre aux Parisiens qui se promenaient ? se trouvaient là par hasard ? ont vu de la lumière et sont venus ? place de la Nation.

Photo volée . © RichardTrois

De toutes façons, nous savons tous où toute cette affaire finira. Si ce n'est pas dans la rue, ce sera dans les urnes.

Bonne semaine !






Hk & Les Saltimbanks - "On lâche rien"
envoyé par HkOfficiel.




in: Gloomy monday

samedi 6 novembre 2010

Femmes, toujours debout


Aujourd'hui plus que jamais, nous sommes bien obligés de constater que les luttes ne sont jamais tout à fait finies, que les combats continuent, que si l'on baisse les bras, les acquis se fragilisent, s'effritent. Comme le disait une ancienne combattante à un collègue à moi : « Je ne suis pas une ancienne combattante. Je suis une combattante. »



Manifestation unitaire du 14 novembre 2009 pour le maintien du centre IVG de Tenon.
Banderolle de tête. Militante chantant des slogans dans un micro devant le cortège.



Aujourd'hui 6 novembre, les femmes marchent comme elles marchaient dans les années 70 avant que la loi Veil ne soit votée et que l'avortement soit enfin légalisé en France.

Aujourd'hui, ce n'est plus la morale, la religion qui entravent les femmes dans l'accès à l'avortement. C'est la rentabilité. C'est la logique de la crise qui pousse toujours la logique de la réduction des effectifs un peu plus loin. Faut-il moins de personnel dans les hôpitaux ? Commençons par fermer les centres d'interruption de grossesse volontaire et inventons la pilule du surlendemain pour mettre tout le monde d'accord. Je schématise grossièrement, car ce ne sont pas que les centres IVG qui sont la cible de la rigueur.

Il n'empêche que, une société qui recule sur ses services publics, en bafouant d'abord le droit des femmes, est une société qui régresse.

Parmi les femmes qui défileront aujourd'hui derrière leur banderole, Roselyne Rollier. Une héritière du féminisme de la première heure. Cette militante est actuellement à la tête de l'association la Maison des Femmes à Montreuil qui s'est mobilisée pour l'action du 6 novembre. 

Voici ce qu'elle dit de la situation actuelle :


« Les centres IVG disparaissent insidieusement, sous couvert de restructuration, parce qu'on n'a pas une seule phrase d'un seul ministre qui dise « Il ne faut pas d'IVG ». Ce n'est jamais dit nulle part, de peur de réveiller de vieilles luttes. Là c'est juste "On réorganise". « Le vieux docteur qui faisait les IVG part à la retraite, y a plus personne qui veut le remplacer. » Mais il y a aussi que ce n'est pas prévu dans la formation, que ce n'est pas payé, que ce n'est pas rentable pour les médecins de faire ça et en plus c'est toujours dans le fond du sous-sol ou au bout du couloir. Ce n'est pas un lieu prestigieux de l'hôpital. Tout cela compte.

Depuis un an et demi environ, un certain nombre d'hôpitaux luttent pour le maintien de leur centre d'IVG qui disparaissent les uns après les autres. L'hôpital Tenon à Paris dans le XXème arrondissement... entre autres. C'est également le cas dans les provinces, où souvent, c'est l'hôpital entier qui ferme. Les gens sont renvoyés 50 km plus loin. Mais le fait de regrouper tout le monde augmente les délais d'attente et les femmes se retrouvent à dépasser les douze semaines limites pour avorter.

Le 6 novembre, la manif sera nationale. A Paris, elle partira de Place d'Italie à 14h00 pour  rejoindre la manif des retraites à Bastille et terminer tous ensemble à Nation. Car nous avons aussi fait toutes les manifs sur les retraites. Les femmes sont aussi visées par cette réforme. On sait bien que la plupart des retraités sont des femmes. Car 80 % des personnes âgées de 80 ans et plus sont des femmes.Donc ça n'intéresse pas le gouvernement. »




in: In the mood for anger

vendredi 29 octobre 2010

Qui-vive !

Clichés, phrases sur le vif, slogans, humeurs... pour résumer une journée qui se répète encore et encore depuis deux mois. Comme un jour sans fin...



© Martial Denais
« Ne Besson pas notre froc ! »
Un commentateur de Cassandre

© Martial Denais


« Sarkozy vient de dire qu'il comprend les "inquiétudes" des Français. Il a tout faux. Ce n'était pas le bruit de l'inquiétude qu'ion a entendu dans la rue, mais celui de la colère. Une colère qui finira par l'attraper. »




© Martial Denais




« Si le plus grand nombre des esclaves salariés morflent comme des larbins tout en pleurnichant sur leurs minables vies, ils n’ont qu’à se ressembler ! »
Vivito (lecteur de Bakchich)
.


© Martial Denais


« Pour que le système change vraiment, il faut que les travailleurs se fâchent. »
David Harvey, géographe britannique
et théoricien marxiste, in Article XI.



© Martial Denais


« Conscients d’être les futures victimes d’un système économique qui condamnera la plupart d’entre eux à la précarité, les lycéens et les étudiants ont commencé à investir les rues. Malgré les ricanements et les indignations de ceux qui estiment qu’ils n’ont rien à y faire et qu’ils sont manipulés. »




© Martial Denais


« Un gendarme gauchiste! Qui a été en fac. Qui a peut-être caillassé du CRS en son temps. Qui accepte les ordres et la hiérarchie, parce qu'il a signé pour ça, mais qui croit encore à la police de proximité, à la marge de manœuvre infime, mais réelle que tout ordre laisse toujours dans son interprétation. Une étincelle d'humanité de plus à ma patiente collection.
Une raison de plus d'espérer, de croire en l'humanité.
Et en la légitimité intrinsèque de la lutte.
»




© Martial Denais
« Le mouvement ne s’arrête pas. Ca en bouche un coin à tous les arrogants qui veulent gouverner contre le peuple ou s’en mettre plein les poches sur le dos des travailleurs… Les médias annonçaient depuis quelques jours la cassure de l’unité syndicale. Raté : deux nouvelles journées d’action unitaire sont lancées, jeudi prochain et le 6 novembre. »
Clémentine Autain




© Martial Denais




« "C'est pas fini", me dira un Ukrainien, travailleur sans papiers. "Car Sarkozy, il va trop loin. Il faut le dire." »
Médiapart




© Martial Denais






in: Big event little summary

jeudi 21 octobre 2010

La rue est à nous


Il flippe sévère notre Président. Le même qui clamait que lorsqu'une grève avait lieu, il ne s'en apercevait même pas. En province, en région parisienne et à Paris, les manifestants ont pourtant fait trembler les murs de leurs pas, de leurs cris et de leurs slogans, de leur rage et de leur joie de vivre. Il a bien fallu qu'il commence à baliser menu menu pour en appeler "à la responsabilité de l'ensemble des acteurs pour que les choses ne franchissent pas certaines limites". Comme si lui-même ne les avait jamais franchies. Manifestation à Paris, Rouen, Amiens, Marseille, Rennes, Pau, Bayonne, Bordeaux, Toulouse... Des lycéens prennent la Place de la République. Blocage de dix universités. Fermeture administrative de l'université Lyon 2. Entre 30 et 40 % de grévistes à la RATP. Blocage des dépôts d'autobus de la régie des transports à Saint-Nazaire. Blocage du dépôt pétrolier de Bassens en Gironde. Blocage de l'A7 dans les Bouches-du-Rhône. Blocage de 850 lycées. Blocage d'un dépôt de carburant à Caen. Blocage d'une importante plate-forme logistique et industrielle à Lille. Grève des éboueurs à Toulouse. Blocage de l'accès à l'aéroport de Bordeaux-Mérignac. Manifestations, fermetures, grèves, blocages. Blocages.

Hier, Monsieur Hortefeux a très crânement déclaré que l'"immense majorité n'a pas à subir la loi d'une minorité". Quelqu'un lui a-t-il suggéré d'appliquer ses principes à lui-même ?


Une promo sur les cercueils pour enterrer la retraite à 60 ans




Cécile Duflot était là


Arlette aussi


Tiens, bonne idée...!






Des médiateurs en pleine action


Les fabuleuses banderoles du Théâtre du Soleil


La Justice veut dire quelque chose. Laissez-la parler.


Si, c'est possible ! Grâce à Sarkozy








Jean-Luc Mélenchon avait proposé qu'ils s'en aillent... Tous !





Impossible de résister à la brillante prestation du Théâtre du Soleil emmené par une Ariane Mnouchkine qui a dirigé sa troupe d'une poigne militante. La marionnette blanche figure la justice. Attaquée par les corbeaux, elle triomphe des rapaces sous les hourras de la foule éberluée. Vive l'éducation populaire !

La voici en vidéo (pardon pour la mauvaise qualité du son) :







manif 19/10/10
envoyé par mespetitesfables.





Ecrit avec L'Humanité 



 


in: In the mood for anger