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jeudi 8 mars 2012

Et vous, que faisiez-vous le 8 mars 2012 ?

Attention marronnier !

D'ailleurs, si vous avez raté les épisodes précédents, faites-vous plaisir.

8 mars 2008
8 mars 2009
8 mars 2010
8 mars 2011

8 mars, journée internationale de LA femme ? DES femmes ? DES DROITS des femmes ? Aux réactions de certaines, on en vient parfois à se demander si ce ne sera pas bientôt CONTRE les femmes ? (oui mais alors tout contre, me rétorqueront certains).

D'accord, le 8 mars, il y en a quelques unes que ça énerve, qui ne comprennent pas pourquoi il doit y avoir UNE journée de la femme, sous-entendant que les hommes en auraient 364 voire 365 selon les années. Il y en a d'autres encore qui, au nom de la parité réelle ou supposée (puisqu'on est tous d'accord pour dire que pour l'instant c'est un doux rêve) et de l'égalité parfaite, rêvent qu'il n'y ait plus une journée consacrée aux femmes quand il n'y en a aucune consacrée aux hommes.

Plus les années passent, moins cette journée est festive, plus elle est honnie, plus elle marque de façon cinglante que le droit des femmes est loin d'être une évidence pour tous. Mais ne nous leurrons pas. Celles qui militent pour ces droits sont loin de se taire les autres jours de l'année. Mieux, elles se font de plus en plus entendre. Qu'il y ait un 8 mars, c'est tout bénef et ça n'empêche rien.

En tout cas, je ne vois pas en quoi il serait déshonorant d'être fêtée, célébrée. Comme si nous ne l'étions pas les autres jours de l'année. Si la lumière s'allume, c'est un peu con de vouloir l'éteindre. D'accord, tout le monde ne saisit pas la portée de cette journée, le lourd déficit qu'elle représente pour les femmes. Faut-il pour autant faire la tête au carré à tous ceux qui ont l'impudence de souhaiter une bonne fête à toutes les femmes ? Ou bien s'il n'y a que le 8 mars que les hommes n'ont pas le droit de dire que les femmes sont belles, fortes, intelligentes et que sans nous ils s'ennuieraient, il fallait le dire, on va leur expliquer.

Moi en tout cas, je n'ai pas boudé mon plaisir. Célébrer un peu maladroitement, un peu puérilement les femmes, c'est comme être amoureux de l'amour. Je me suis promenée sur Facebook avec le sourire, j'y ai grappillé quelques dédicaces, quelques photos (pas plus nombreuses aujourd'hui que les autres jours) pour, moi aussi, célébrer la beauté, la force et l'intelligence des femmes. Et puis j'ai demandé à mes twittos et mes amis-de-Facebook quelle femme ils aimeraient être. Ils m'ont souvent donné des noms plutôt que des adjectifs.


Une photo de Jane, peut-être à Saint-Germain-des-Près
qu'elle fréquentait beaucoup à l'époque / DR


Spéciale dédicace à toutes les femmes !
Les audacieuses, les courageuses, les silencieuses,
les menteuses, les rieuses et les chieuses
Celles qui ont une grande gueule et un grand cœur aussi
Celles qui rougissent pour un rien, celles qui montent sur leurs grands chevaux
Celles qui baissent les yeux mais n’en pensent pas moins
Les rêveuses, les glandeuses, les paresseuses et les ambitieuses
Celles qui travaillent et celles qui ne travaillent pas
Celles qui voudraient bien commencer et celles qui rêvent d’arrêter
Celles qui cherchent un emploi, celles qui cherchent un amour
Celles qui ont un grand projet
Celles qui regardent les trains passer
Celles qui osent et celles qui n’osent pas
Celles qui font la grasse matinée et celles qui se lèvent tôt
Celles qui vieillissent, celles qui grandissent
Celles qui commencent un régime lundi,
Celles qui font du 36 et celles qui font du 46
Celles qui dorment toute seule
Celles qui rêvent d’amour
Celles qui l’ont trouvé et celles qui l’ont perdu
Celles qui aiment les femmes
Celles qui aiment trop et celles qui n’aiment plus
Celles qui ne pensent qu’à se marier, celles qui ont peur de divorcer
Celles qui ont des enfants, celles qui ne peuvent pas en avoir
Celles qui en veulent et celles qui n’en veulent pas
Celles qui ont fait un bébé toute seule
Celles qui se lèvent la nuit pour regarder leurs petits dormir
celles qui sont mère et celles qui sont grand-mère
Celles qui ont peur de mourir
Celles qui vivent avec un chagrin qui les tue
Celles qui dansent la nuit sur les tables en boîte de nuit
Et rentrent seules en rêvant au prince charmant
Celles qui aiment les hommes qui aiment les femmes
Celles qui sont leur meilleure amie
Celles qui boivent qui fument qui draguent
Celles qui rient pour ne pas pleurer
Celles qui ont toujours mal au ventre,
Celles qui se plaignent tout le temps et celles qui serrent les dents
Celles qui rêvent de partit très loin
Celles qui font bien la cuisine et celles qui mettent du ketchup partout
Les sportives, les folles de jogging, les folles de leur corps
Et celles qui se cachent dans des pulls trop longs
Celles qui croient en Dieu, celles qui croient en elles
Celles qui sont malades, celles qui sont en bonne santé
Il n’y a pas une seule façon d’être une femme
Il n’y a pas de normalité, pas de taille idéale, de vie idéale, d’homme idéal, de carrière idéale
Il y a 3 milliards de façons différentes d’être une femme

TONIE BEHAR

DR / Une photo trouvée chez Elodie accompagnée d'une citation :
"Femmes, c'est vous qui tenez entre vos mains le salut du monde."
(Léon Tolstoï)


Une photo de Fred Moullec publiée avec son aimable autorisation


Ce serait pas mal de faire des efforts tous les jours excepté le 8 mars. Bonne journée à toutes les femmes... et aux autres!
Syrano


Photo tirée du film GUN CRAZY de Joseph H. Lewis
trouvée chez Serguei avec le commentaire suivant :

— Laisse-tomber, c'est la journée de la femme.
— Justement, j'ai les boules !
— Mais c'est pas Noël.
Par : Serguei 



Une photo trouvée chez Catherine

bonne fete aux femmes, aux biffines courageuses et dignes, qui revendent "par un froid de gueux" en se rappelant que c'est parce que "nous sommes des gens modestes", qu'elles viennent de Mongolie, de Tchétchénie, de Roumanie, De St Denis, de Paris 8 ou de Paris 20, qu'elles soient enceintes, qu'elles soient mères célibataires, travailleuses précaires sans pain, qui sont la force et la vie de nos marchés aux puces à la sauvette, celles qui courent pour se protéger des injustices sociales économiques avec la marmaille dans une main et le caddie dans l'autre avec les flics au cul pour garder espoir, celles qui restent assises parce que trop vieilles et qui ne disent rien mais pleurent quand la police leur confisque leurs biens ! DES PLACES POUR LES BIFFINES, le 8 mars, le 1er mai, le 11 novembre (les anciennes combattantes de la France libre..) aux biffines d'hier, d'aujourd'hui et de demain! courage et dignité, inventivité et refus de l'assistanat, solidarité et fraternité ! bonne fête de la femme à nos biffines !
Vive Les Biffins DroitàlaBiffe


DR / Photo trouvée chez Anne célébrant la
Journée de la . . . FLEMME .



Dites-moi quelle femme vous êtes ou aimeriez être.

Martial : Angelina : " dire quelle femme vous êtes ? " ... Être-Ange !


Debby Harry dans la catégorie des "énervantes" / DR
 

C'est aussi valable pour les hommes !

Francis : aung san suu kyi ! je l'admire tellement


Photo de Cédric Suzanne publiée avec son aimable autorisation


Martius : J'aimerais que les femmes prennent la parole, revendiquent et manifestent ensemble au lieu de tout accepter. Trop dépendantes des hommes. Qu elles montrent leur visage aussi. (hein pas vrai angi)...

Martius : ...Segolene Royal


DR



Nathanael : Alexandra Kollontaï, communiste, féministe, femme cougar selon les termes d'aujourd'hui :)...

Nathanael : ...Ou alors... Marie.... cf. ma dernière note.


DR


Dites-moi quelle femme ou quelle genre de femmes vous êtes ou aimeriez être, que vous soyez blonde à gros seins, barbu et chauve, ou féministe à quéquette.
 Martius : surtout les blondes a gros seins

DR

Liliane : Françoise Giroud. Parce qu'elle a vécu une grande passion. Et qu'elle a été de TOUS les combats. Mon modèle de journaliste.


Ava / DR

Lucien : la mienne.


Desert Crossing, Rajasthan, India Photograph by Shivji Joshi, My Shot


Stefou : Mon modele : une femme de coeur, jamais botoxée, sincère, modeste, et fidèle : Carla Bruni Sarkozy


Fotografia Daniel Murtagh

JP : Barbe de 3 jours toujours, ma toison d'or à moi, entre le Bouc et l'homme atomiquement moderne pour une connerie nucléaire.

Poing Rouge : Angela Devis

Paline : celle que je suis aujourd'hui grâce à mes parents mais surtout mon père, communiste et féministe, ce qui est un euphémisme

Jean-Yves : c est quoi une féministe à quéquette? Une rencontre du 3ème type?








in: The world is crying out loud

mardi 8 mars 2011

8-mars : Souviens-toi de ne pas oublier...

8 mars... blablabla.. tous les ans c'est pareil... tous les ans on n'y échappe pas. Et comment faire du neuf, d'une année sur l'autre avec du sempiternellement pareil ?

© sansdoute
Certains droits réservés 

Gnagnagna... la journée dela femme... gnagnagna... extraordinaires... merveilleuses... courageuses... gnagagna... concilient vie de famille et vie professionnelle... gnagnagna... égalité salariale... parité


Jusqu'ici, j'ai toujours préféré voir le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide. Cette année, j'ai décidé de laisser parler les autres. Petite revue de presse déphasée du 8-mars.

Drôle, sobre et percutant, la journée commence bien grâce au dessin de la p'tite Blan. Mais surtout, j'adore son petit commentaire percutant. Piles, les deux, dans l'actualité. Bien vu !

Pas vraiment un billet sur le 8-mars, mais un billet qui parle de mère et de fille. Rien que pour ça, j'adhère. Lire la note du 8 mars de Sarah, rien que pour la phrase d'introduction.

Tandis que, pour célébrer le 8-mars, l'équipe rédactionnelle de Elle avait décidé de pousser des coups de gueule afin de dénoncer tout ce qui l'escagasse et lui complique hautement la vie de merveilleuse rédactrice de magazine de L'Oréal et que Libé se contentait de reproduire les avatars d'une vie de meuf tirés du site du même nom, le quotidien Nord Eclair consacrait un article sur l'inégalité salariale en France, chiffres à l'appui. Résultats, ça se tient à peu près sur l'ensemble du territoire où une femme gagne entre 72 et 78 % du salaire d'un homme. Sauf en Corse, à la traîne de la catégorie, puisqu'une femme monte en moyenne à 82 %.

Ginie, Perfect Housewife, retrace en quelques clichés cinquante ans de l'évolution de la femme vite fait. Bon, c'est fait.

Olympe fait une petite mise au point de la bonne conscience, redéfinit les enjeux, ébauche une stratégie et repose les cartes sur la table. A nous de jouer !

Un article d'Agoravox recense 8 champs de bataille, 8 raisons de se battre, 8 raisons d'être de la journée de la femme en France. 8 comme le 8-mars. Cela allait sans le dire, mais ça va mieux en le disant.

Anaïs dénonce les promoteurs du 8-mars. Quelques louchées de dérision bien senties. Et ne manquez pas de lire son billet de l'année dernière dans la foulée. Il est pas mal gratiné aussi.

Le merveilleux site de Sandrine70, A dire d'elles, nous parle de poisson d'avril et nous présente la magnifique campagne anglaise... contre l'inégalité salariale. Eh oui, over the Channel aussi ! Et James Bond va en faire les frais. 

Le site Egalité, quant à lui, milite pour un retour à une règle grammaticale tombée dans l'oubli et pourtant usitée par Racine, afin que le masculin ne l'emporte plus sur le féminin au pluriel. La parité grammaticale, un combat à ne pas négliger.

Evidemment, des billets sur le 8-mars, sur des blogs féministes et décapants, des sites d'information bien intentionnés, il y en avait quelques milliers d'autres. N'hésitez pas à coller les perles que vous avez aussi récoltées en commentaires.


Et pour finir un peu d'actu : 


Le 8-mars, tout le monde se plaît à le fustiger. Mais il suffit que ce soit notre bien-aimé-président qui le fasse pour que tout de suite ça sonne moins classe. Encore à côté de la plaque où l'art de fustiger pour les mauvaises raisons. Pas de souci, tu auras encore droit à une chance l'année prochaine. 

Enfin, on avait commencé la journée en se disant que la femme of ze day allait être inévitablement l'inévitable Marine Le Pen. Hé bien perdu !!!! les parieurs petits-bras. Marine s'est fait voler la vedette in extremis par une brunette, Chantal Brunel, qui, pour lui couper la chique, n'a rien trouvé de mieux que de proposer un petit retour vers l'envoyeur... mais en bateau. A lire l'interview du Nouvel Obs, on comprend tout de suite qu'il ne faut pas avoir peur de réutiliser les mots déjà utilisés par le Front National, sinon les forces lexicales vont venir à manquer pour tout le monde. C'est vrai que, bizarrement, "bateau" c'est aussi évocateur que "charter". Chantal doit sûrement être une des seules à se demander pourquoi. Et puis, c'est vrai aussi que si elle n'avait pas dit "bateau", on n'y aurait vu que du feu... et ça aurait été dommage pour l'UMP, tiens.


in: In the mood for anger

mardi 15 février 2011

Tu ne frapperas point mon fils !

« Frapper n'est pas aimer », ce pourrait être le début d’une comptine, ou la règle d’un jeu que l’on répète à l’envi dans les cours de récré. Pour le moment, ce n’est encore que le titre du livre de Natacha Henry. Non frapper n’est pas aimer, et c’est dès le plus jeune âge qu’il faudrait apprendre cette maxime pour que cette jeune femme ne s’entende pas dire au téléphone : « je vais te dégommer, tu vas voir... », pour que cette maman n’ait pas de bleus sur les bras, pour que cette voisine ne reçoive pas une chaise au visage pour avoir fait déteindre une chemise au lavage ou que cette autre n’ait pas la tête cognée contre le mur pour avoir épluché les pommes de terre trop épais. Une violence qui saisit bien souvent ses victimes, les « sidère », les immobilise et les emprisonne dans leur corps meurtri, dans leur tête et leur amour propre blessé, dans leur vie sociale. « J'ai voulu démonter le système qui fait qu’une femme ne sait pas comment partir, expliquer qu'il est très difficile de changer de situation, de changer de vie, quand on a des enfants. C'est dangereux ! » Effectivement, en France, une femme en meurt tous les deux jours et demi.

L’auteure analyse d’une façon très vivante les mécanismes de cette violence. « Mon propos est de dénoncer l'installation d'une dictature,» explique Natacha Henry. « Car pour moi, c'est une dictature. Ça se passe comme une dans une dictature. On fait croire à la victime qu'elle est complètement folle, on la rend complètement folle. On l'isole de toute relation sociale, on la confine, on traque absolument toutes ses relations, toute sa correspondance, on surveille ses mouvements, on entrave sa liberté de circuler, de penser, de s'exprimer. Et de temps en temps, on exerce une intimidation par la force physique qui peut aller jusqu'à la torture. » Elle dénonce aussi les mécanismes au sein de notre société qui permettent à cette violence de s’installer si facilement. Installée dans un foyer d’accueil pour femmes battues, elle a écouté les survivantes, les a vues se redresser. Elle s’est attachée à saluer celles et ceux qui mènent ce combat au quotidien, permanents d’associations, médecins, policiers. « Ce livre montre que les ringards, ce ne sont pas nous mais les autres. Que ce sont tous ceux qui raisonnent en termes de rapports de force qui doivent changer de mentalité. » Déclarée Grande Cause Nationale en 2010, la lutte contre la violence faite aux femmes s’est dotée cette année-la d’une loi plus protectrice pour les victimes. Mais le chemin est encore long avant que l’on cesse une bonne fois pour toute de traiter ces femmes comme des victimes alors qu’elles sont des personnes qui ont des droits. Long encore pour, qu’enfin, l’on considère que « frapper n’est pas aimer », cela commence dès le plus jeune âge.

Frapper n’est pas aimer, Natacha Henry. Denoël, 2010.


(Propos de l'auteure recueillis par Angelina)



in: L'ivre

jeudi 25 novembre 2010

Violence contre les femmes : Basta !

Il faut l’entendre leur souffrance. Il faut les entendre ces mots "combat", "se battre", "lutter" qui sortent de leur bouche lorsqu'elles parlent de leur nouvelle existence. Celle qui commence par "le premier jour du reste leur vie". Survivantes, rescapées, victimes mais héroïnes de leur propre histoire. Elles ont échappé à un conjoint violent.

Elles ont pris leurs cliques et leurs claques, elles ont franchi le seuil. Cette fois c'était la bonne, cette fois elles ne sont pas revenues. Cette fois, elles ont réellement sauvé leur vie. Les chiffres, vous les avez sûrement tous entendus : une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint en France. 140 en 2009.

Tout n'est pas rose pour autant.

Toutes sont détruites à l'intérieur, dévastées, psychologiquement meurtries. Victimes de ce que l'on appelle un « pervers narcissique », elles ont perdu la confiance en elle, l'estime d'elle-même, le sens de l'autonomie, les repères de la vie sociale comme la famille, les amis. Elles ont été isolées, dévalorisées, insultées, maltraitées, giflées, violées, et c'est un des aspects de la violence conjugale dont on parle encore le moins aujourd'hui.

Souvent elles n'ont pas de logement. Partir, c'est difficile quand on travaille plus, que l'on n'a aucun revenu et que l'on dépendait entièrement de son bourreau financièrement. Il manque des hébergements d'urgence et des logements de mise à l'abri. Il manque des passerelles derrière pour accéder aux logements sociaux car l'urgence ne devrait pas s'installer dans la durée. Or l'occupation des logements d'urgence aujourd'hui se décompte souvent en années car la logique ne suit pas les bonnes intentions. Des demi-mesures ne résoudront jamais les problèmes qu'à moitié.

Souvent elles ont des enfants. Elles doivent rester en relation avec l'ex-conjoint violent car celui-ci garde l'autorité parentale. Personne ne se pose la question de savoir si un compagnon qui frappe une femme peut être un bon père.

Et pour toutes celles qui partent, combien restent ?

25 novembre : journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. 2010 : la lutte contre les violences faites aux femmes est déclarée grande cause nationale par le gouvernement. 9 juillet 2010 : la loi "relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants" est promulguée. Une loi qui s'est beaucoup inspirée de ce qui se pratique déjà en Espagne. Votée en deuxième lecture à l'unanimité malgré certaines frilosités du texte qui selon certains députés, comme le PS Daniel Goldberg, n'allait pas assez loin, la loi a surtout été votée dans l'urgence. Car urgence il y a après des années et des siècles de silence.

Les avancées sont intéressantes : une ordonnance de protection décrétée par le juge aux affaires familiales, avant même le dépôt de plainte, saisi par la victime ou le ministère public. Seul hic, elle doit être prononcée rapidement mais on ne sait pas vraiment dans quel délai.

Cette ordonnance de protection doit permettre l'éviction du conjoint violent. Encore un hic ? Comment s'assure-t-on qu'il ne reviendra pas, même s'il en a l'interdiction ? On met un policier devant la porte ? On donne à la victime un téléphone portable comme cela est expérimenté dans le 93 ?

Les hébergements d'urgence doivent être multipliés. Les financements suivront-ils ?

Pour toutes ces raisons et bien d'autres encore, le Collectif national pour les droits des femmes a mis en place hier un comité de vigilance de la loi de juillet 2010. Il regroupe des parlementaires, des avocats ou des associations féministes afin de veiller à la bonne application de l'ordonnance de protection. « Les parlementaires ont souligné que dans leur circonscription elles prendront toutes les mesures nécessaires pour interpeller les Préfets, les bailleurs sociaux quant au logement. Elles étendront ces demandes, par le biais de leurs groupes respectifs, au niveau national. Les associations, chacune dans leur domaine de compétence, apporteront des témoignages sur l’application de la loi. Les magistrats et les avocats seront en première ligne pour juger de l’effectivité des mesures. » (1)


Le Collectif national pour les droits des femmes appelle également à un rassemblement devant le Ministère des Finances, aujourd'hui à 19 heures , place du Bataillon du Pacifique, pour demander que l'on se donne les moyens de la loi.


(1) : COMMUNIQUE DE PRESSE DU COLLECTIF NATIONAL POUR LES DROITS DES FEMMES



in: In the mood for anger

samedi 6 novembre 2010

Femmes, toujours debout


Aujourd'hui plus que jamais, nous sommes bien obligés de constater que les luttes ne sont jamais tout à fait finies, que les combats continuent, que si l'on baisse les bras, les acquis se fragilisent, s'effritent. Comme le disait une ancienne combattante à un collègue à moi : « Je ne suis pas une ancienne combattante. Je suis une combattante. »



Manifestation unitaire du 14 novembre 2009 pour le maintien du centre IVG de Tenon.
Banderolle de tête. Militante chantant des slogans dans un micro devant le cortège.



Aujourd'hui 6 novembre, les femmes marchent comme elles marchaient dans les années 70 avant que la loi Veil ne soit votée et que l'avortement soit enfin légalisé en France.

Aujourd'hui, ce n'est plus la morale, la religion qui entravent les femmes dans l'accès à l'avortement. C'est la rentabilité. C'est la logique de la crise qui pousse toujours la logique de la réduction des effectifs un peu plus loin. Faut-il moins de personnel dans les hôpitaux ? Commençons par fermer les centres d'interruption de grossesse volontaire et inventons la pilule du surlendemain pour mettre tout le monde d'accord. Je schématise grossièrement, car ce ne sont pas que les centres IVG qui sont la cible de la rigueur.

Il n'empêche que, une société qui recule sur ses services publics, en bafouant d'abord le droit des femmes, est une société qui régresse.

Parmi les femmes qui défileront aujourd'hui derrière leur banderole, Roselyne Rollier. Une héritière du féminisme de la première heure. Cette militante est actuellement à la tête de l'association la Maison des Femmes à Montreuil qui s'est mobilisée pour l'action du 6 novembre. 

Voici ce qu'elle dit de la situation actuelle :


« Les centres IVG disparaissent insidieusement, sous couvert de restructuration, parce qu'on n'a pas une seule phrase d'un seul ministre qui dise « Il ne faut pas d'IVG ». Ce n'est jamais dit nulle part, de peur de réveiller de vieilles luttes. Là c'est juste "On réorganise". « Le vieux docteur qui faisait les IVG part à la retraite, y a plus personne qui veut le remplacer. » Mais il y a aussi que ce n'est pas prévu dans la formation, que ce n'est pas payé, que ce n'est pas rentable pour les médecins de faire ça et en plus c'est toujours dans le fond du sous-sol ou au bout du couloir. Ce n'est pas un lieu prestigieux de l'hôpital. Tout cela compte.

Depuis un an et demi environ, un certain nombre d'hôpitaux luttent pour le maintien de leur centre d'IVG qui disparaissent les uns après les autres. L'hôpital Tenon à Paris dans le XXème arrondissement... entre autres. C'est également le cas dans les provinces, où souvent, c'est l'hôpital entier qui ferme. Les gens sont renvoyés 50 km plus loin. Mais le fait de regrouper tout le monde augmente les délais d'attente et les femmes se retrouvent à dépasser les douze semaines limites pour avorter.

Le 6 novembre, la manif sera nationale. A Paris, elle partira de Place d'Italie à 14h00 pour  rejoindre la manif des retraites à Bastille et terminer tous ensemble à Nation. Car nous avons aussi fait toutes les manifs sur les retraites. Les femmes sont aussi visées par cette réforme. On sait bien que la plupart des retraités sont des femmes. Car 80 % des personnes âgées de 80 ans et plus sont des femmes.Donc ça n'intéresse pas le gouvernement. »




in: In the mood for anger

vendredi 5 novembre 2010

Mais qu'est-ce qu'elles veulent encore ?



Demain 6 novembre, elles seront encore dans la rue... les femmes qui militent pour le droit à l'avortement. 

Le combat n'est pas terminé. 35 ans après la loi Veil, le droit à l'avortement est remis en cause par de nombreuses fermetures de services IVG au sein de l'hôpital public et par des fermetures d'hôpitaux tout court.

Avorter est un droit ! 

Mobilisons-nous toutes et tous pour le défendre
Droit à l’IVG menacé 
Manifestation nationale 
le 6 novembre à Paris, 14 heures, Place d’Italie




Deux manifestations prévues dans les rues demain. L'une pour les retraites, l'autre pour le droit à l'avortement. Elles se rejoindront à Place de la Bastille et termineront leur marche revendicative, ensemble, jusqu'à Place de la Nation.



Mobilisation nationale

6 novembre 2010 à Paris

  Non à la fermeture de centres pratiquant les IVG
Non au démantèlement de l’hôpital public
Non à la déshumanisation des soins
Oui à la liberté d’avorter !



Mobilisation Avortement Novembre 2010









Demain, ici, un article.



in: In the mood for anger

vendredi 18 juin 2010

Le "deuxième sexe" au stade




A Paris, gênés aux encoignures par quelques groupes violents et radicalisés, les dirigeants du PSG ont décidé d'"inviter" les femmes à venir embellir les gradins du Parc des Princes. L'occasion pour le deuxième sexe de fouler un territoire qui demeurait depuis la nuit des temps chasse gardée par le sexe opposé. Reste à savoir quel accueil les supporters, qui squattent habituellement les tribunes d'Auteuil et de Boulogne, feront à ce public en talons.

Qu'ils se souviennent pourtant que pendant la coupe du Monde en 1998, les femmes ont su être des supportrices de charme sans être ridicules. Enthousiasme, bon esprit et féminité se sont efficacement conjugués pour que la fête soit plus folle. Au moment où la France vient juste de se voir attribuée l'organisation de l'Euro 2016, il nous reste quelques années pour que les femmes aillent au stade comme chez le coiffeur.

A Montluçon par exemple, on a déjà sauté le pas, puisque le club local a gratuitement ouvert ses tribunes aux femmes dès le mois de février dernier.

A Alger, en mars dernier, les femmes ont cru qu'elles y étaient enfin arrivées au stade... de l'égalité de traitement avec les hommes. 6 000 places leur avaient été réservées à l'occasion d'une rencontre amicale avec la Serbie, déclenchant une vague d'enthousiasme dans la population féminine. Des groupes pro et anti-femmes au stade ont même vu le jour sur Facebook. Elles ont fait le déplacement accompagnant leur mari, entourées de leurs enfants. Mais être une femme dans les gradins, peut-être était-ce trop d'égalité d'un coup : accueil inexistant, bousculades, aucun égard pour les familles qui ont dû jouer des coudes pour assister au match ou simplement ne pas se faire piétiner.

Décidément, le stade sera-t-il la prochaine conquête sociale de la femme dans le monde ?


Retrouvez un autre article sur le même sujet dans Bakchich Hebdo n° 27 "Meufs au stade... dans la panade".

mardi 8 juin 2010

Chronique du machisme quotidien from POLA X

Voici le texte de POLA X dont je ne sais rien, reçu dans ma boîte aux lettres il y a deux semaines. Je tiens à la remercier vivement d'avoir souhaité participer à Mes petites fables en devenant fabulatrice et lui faire savoir qu'elle peut m'envoyer d'autres textes quand elle veut. Car cette rubrique est la sienne, tout comme elle est la vôtre...



Le machisme c’est un homme qui sort souvent et qui trouve normal que sa femme reste à la maison avec les enfants.

Le machisme c’est un homme qui reste à la maison avec les enfants et qui râle quand sa femme tarde à revenir.

Le machisme c’est un homme qui ne débarrasse jamais son bol le matin, ni son assiette le midi ou le soir.

Le machisme c’est un homme qui, le matin, fait remarquer à sa femme qu’elle n’a pas débarrassé le dîner de la veille.

Le machisme c’est un homme qui fait remarquer à sa femme que c’est lui qui emmène les enfants à l’école.

Le machisme c’est un homme qui regarde les infos affalé dans le canapé pendant que sa femme fait le dîner, se dit qu’elle doit mettre la table tout en programmant la machine à laver.

Le machisme c’est un homme qui reproche à sa femme de se coucher tard quand elle dit qu’elle est fatiguée.

Le machisme c’est un homme qui dit qu’il n’a pas besoin de la Saint-Valentin pour offrir des fleurs à sa femme et qui ne lui en offre jamais.

Le machisme c’est un homme qui, l’air câlin, dit à sa femme : « J’ai fait ta vaisselle ! ».

Le machisme c’est un homme qui demande « Qu’est-ce qu’on mange ? ».

Le machisme c’est un homme qui hausse les épaules en disant « Je sais pas » quand sa femme lui demande « Qu’est-ce que tu veux manger ? ».

Le machisme c’est un homme qui, le matin, cherche LE t-shirt noir et qui fout en l’air la pile de t-shirts blancs et de t-shirts gris amoureusement pliés.

Le machisme c’est un homme qui regarde sa femme l’air courroucé en disant « Pourquoi les enfants ont des poux !? ».

Le machisme c’est un homme qui ne sait pas qu’il est macho et qui le vit très bien.


POLA X



in: La part du fabulateur

mercredi 7 avril 2010

Leur corps à elles (foutez-lui la paix)

Messieurs, ne cherchez plus. Notre point G se planque dans la penderie. C'est la société de vente par correspondance 3 Suisses qui l'a trouvé. Dommage alors d'avoir perdu du temps à vous escrimer dans le vagin de votre copine...


Après le tollé médiatico-médiatique provoqué par une blonde nue dans un caddie qui a rappelé à notre bon souvenir l'existence des Chiennes de Garde, ce chef-d'oeuvre de nullité signé BETC Euro RSCG aura eu le mérite de souligner et même stabylobosser avec une bonne dose de vulgarité, que nous sommes tous, et particulièrement toutes, d'inaltérables vecteurs d'excitation à la consommation.

Notre société consumériste et voyeuriste instrumentalise le corps des femmes, mais plus encore, elle le malmène.

Exposé, en texte et en image, jusque dans sa moindre parcelle d'intimité, traqué sous les niqab et les burqa, glorifié sur des sites internet communautaires (vivelesrondess.com), le corps des femmes est aujourd'hui politisé, chipoté, dépecé comme un cadavre encore chaud entre féministes, religieux, législateurs et médecins.

Et les femmes dans tout ça ? J'ai envie de dire, elles font ce qu'elles peuvent. Elles subissent, encaissent, parfois jouent le jeu. Et demeurent étrangement les dernières consultées.

Une femme meurt toutes les minutes dans le monde des conséquences d'une grossesse ou d'un accouchement, faute de soins médicaux s'alarme Oxfam France qui vient de lancer une campagne contre la "non-assistance à mère en danger".

A Moscou, deux femmes ont servi de détonateurs humains aux attentats du métro. "(...) en Tchétchénie, aucun homme ne se fait sauter. Ils donnent trop de valeur à leur vie." expliquait la journaliste russe Yulia Yusik dans son livre Les fiancées d'Allah. Depuis l'attentat revendiqué par un chef rebelle tchétchène, les femmes portant le hijab ou seulement typées se sentent menacées et certaines ont été passées à tabac en Russie.

Rappelons enfin que le jour de l'intronisation de Simone Veil à l'Académie Française, des centaines de personnes manifestaient devant le siège de l'AP-HP pour dénoncer des suppressions de centres d'interruption volontaire de grossesse en Ile-de-France. Foutu pied de nez.



NB : Un autre article d'Angelina sur le même sujet est actuellement en ligne sur Bakchich




in : In the mood for anger

jeudi 18 mars 2010

Leur voix à elles

Cet après-midi, Simone Veil intègrera l'Académie Française lors d'une cérémonie d'intronisation. Sixième femme à devenir '"immortelle" et monument vivant de l'histoire de France, elle incarne à elle seule la mémoire encore chaude des soixante dernière années du XXème siècle. Son destin force l'admiration. Des camps de concentration à la réconciliation franco-allemande, de la Guerre d'Algérie à la loi sur l'avortement et jusqu'au Parlement européen qu'elle a présidé, Simone Veil a su refléter quelques unes des évolutions les plus significatives de ce siècle.

Pour saluer la femme, à qui toutes les femmes sont redevables de s'être battue pour la loi sur l'IVG, avec pragmatisme mais aussi conviction et courage, voici un extrait de son discours pour le droit à l'avortement, prononcé le 26 novembre 1974 devant l'Assemblée Nationale.




« (...)

Je voudrais tout d'abord vous faire partager une conviction de femme _ je m'excuse de le faire devant cette Assemblée presque exclusivement composée d'hommes: aucune femme ne recourt de gaieté de coeur à l'avortement. Il suffit d'écouter les femmes.

C'est toujours un drame et cela restera toujours un drame...

C'est pourquoi, si le projet qui vous est présenté tient compte de la situation de fait existante, s'il admet la possibilité d'une interruption de grossesse, c'est pour la contrôler et, autant que possible, en dissuader la femme.

Nous pensons ainsi répondre au désir conscient ou inconscient de toutes les femmes qu se trouvent dans cette situation d'angoisse, si bien décrite et analysée par certaines des personnalités que votre commission spéciale a entendues au cours de l'automne 1973.

Actuellement, celles qui se trouvent dans cette situation ce détresse, qui s'en préoccupe? La loi les rejette non seulement dans l'opprobre, la honte et la solitude, mais aussi dans l'anonymat et l'angoisse des poursuites. Contraintes de cacher leur état, trop souvent elles ne trouvent personne pour les écouter, les éclairer et leur apporter un appui et une protection.

Parmi ceux qui combattent aujourd'hui une éventuelle modification de la loi répressive, combien sont-ils ceux qui se sont préoccupés d'aider ces femmes dans leur détresse? Combien sont-ils ceux qui au-delà de ce qu'ils jugent comme une faute, ont su manifester aux jeunes mères célibataires la compréhension et l'appui moral dont elles avaient grand besoin ?

Je sais qu'il en existe et je me garderai de généraliser. Je n'ignore pas l'action de ceux qui, profondément conscients de leurs responsabilités, font tout ce qui est à leur portée pour permettre à ces femmes d'assumer leur maternité. Nous aiderons leur entreprise; nous ferons appel à eux pour nous aider à assurer les consultations sociales prévues par la loi.

Mais la sollicitude et l'aide, lorsqu'elles existent, ne suffisent pas toujours à dissuader. Certes, les difficultés auxquelles sont confrontées les femmes sont parfois moins grave qu'elles ne les perçoivent. Certaines peuvent être dédramatisées et surmontées; mais d'autres demeurent qui font que certaines femmes se sentent acculées à une situation sans autre issue que le suicide, la ruine de leur équilibre familial ou le malheur de leurs enfants.

C'est là, hélas!, la plus fréquente des réalités, bien davantage que l'avortement dit "de convenance".

S'il n'en était pas ainsi, croyez-vous que tous les pays, les uns après les autres, auraient été conduits à réformer leur législation en la matière et à admettre que ce qui était hier sévèrement réprimé soit désormais légal ?

Ainsi, conscient d'une situation intolérable pour l'Etat et injuste aux yeux de la plupart, le gouvernement a renoncé à la voie de la facilité, celle qui aurait consisté à ne pas intervenir. C'eût été cela le laxisme. Assumant ses responsabilités, il vous soumet un projet de loi propre à apporter à ce problème une solution à la fois réaliste, humaine et juste.

(...) »


Vous pouvez retrouver l'intégralité de ce texte dans un fascicule intitulé Les grands discours. "Elles sont 300.000 chaque année " : discours de la ministre Simone Veil pour le droit à l'avortement devant l'Assemblée nationale, 26 novembre 1974. publié aux éditions Points au prix de 3€.



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