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mardi 20 octobre 2009

"Un nouvel art de militer", manuel explicatif des luttes contemporaines à posséder absolument


Il existe un nouvel art de militer. Ce n'est pas moi qui le dit, mais le journaliste Sébastien Porte et le photographe Cyril Cavalié qui le constatent dans ce magnifique ouvrage haut en textes et en photographies.

Heureuse détentrice de ce livre, j'en ai proposé une chronique à Bakchich que vous pouvez retrouver dans le Culturamascope du site (chronique bouquins).

Cyril Cavalié est ce jeune et intrépide photographe qui avait été l'acteur involontaire d'une nouvelle indélicatesse policière le 14 juillet dernier. Toutes les explications sont là et là.

Bonne lecture.

A noter que les auteurs seront en dédicace à la librairie Mollat à Bordeaux demain, c'est-à-dire le 21 octobre, à l'invitation de Ecolo Info.

Le blog du livre

Le diaporama de Cyril Cavalié


Les dates de dédicaces

mardi 5 mai 2009

Quand Internet pollue, c’est Google qui tousse*

Adeptes des mails, consultations en tous genres en ligne et commandes par internet, non seulement vous vivez avec votre temps, mais vous avez l'impression d'être écologiquement corrects en réduisant votre consommation de papier, lettres, catalogues, etc... Que nenni !





Internet, le saviez-vous ?, génère une empreinte écologique à faire dresser les cheveux sur la tête de Nicolas Hulot. A savoir que l'empreinte carbone du net dépasse celle de l'industrie aérienne, par exemple. et qu'elle augmente de 10 % par an.

C'est bien simple, selon un article du Guardian repris par Le Monde, en 2006, la maintenance des bases de données américaines consommait en une année l'équivalent de la consommation électrique du Royaume-Uni en deux mois.

A plus ou moins long terme, ce sont des entreprises comme Google qui sont menacées. Leur consommation énergétique est telle qu'elles frôlent le désastre financier, mais risquent aussi de déstabiliser les distributions en énergie au niveau mondial (coupures de réseaux, d'électricité, en plus des risques écologiques encourus).

A l'heure qu'il est les grandes sociétés sont en train de réfléchir à des solutions palliatives si ce n'est de remplacement en cherchant du côté des énergies renouvelables.

A croire que c'était trop beau pour être vrai cette idée d'un net virtuel, accessible, gratuit et sans effets secondaires autres qu'un grand risque d'addiction.


* Dépêche rédigée pour Voldemag
Crédits photo : droïd

jeudi 15 janvier 2009

Qui êtes-vous Linder ?

Qui est-elle ? Une artiste. Assurément. Une chanteuse ? Encore un peu. Une visonnaire ou seulement une vision sur son époque. Une amie chère. Une femme. Une féministe. Une militante ? Pas vraiment. Une fille de son temps, qui dégageait une puissance érotique qu'elle même avait du mal à canaliser, qui faisait courir vers elle et sa maison bohême tout le gratin de la cinglerie mancunienne des late 70's. Une punk.

J'ai découvert Linder à travers ce qu'on disait d'elle dans un livre feuilleté entre deux étals de la librairie Parrallèles à Paris. Le livre de Johnny Rogan, The Severed Alliance, honnis par le principal intéressé, Morrissey, ex-chanteur des Smiths, ex-pygmalion et actuel rentier de la scène pop des 80's, était assez explicite et en même temps tellement plein d'ellipses pour que j'imagine cette femme comme une Nico éthérée (ce qu'elle n'était évidemment pas), plus préoccupée de son art que des adorateurs pâmés qui fleurissaient sur son passage. Aucune photo, aucun document sonore et pourtant il y avait matière à. Après avoir refermé le livre, Linder m'apparaissait comme un concentré de mystère, une personnalité totalement underground, une essence de bizarre, un parfum de souffre, et beaucoup de fantasmagorie.

Linda Mulvey était encore étudiante en art à la Polytechnic de Manchester quand elle s'est appelée Linder. Elle habitait dans le quartier chaud de Whalley Range, une maison surnommée "the home of the bedsit" au 35 Mayfield Road avec son petit ami, Willie Trotter. Très vite, leur repaire est devenu le lupanar des jeunes pousses musicales locales. Avec Willie, bassiste de son état, elle forme bien vite le groupe Ludus (le jeu en latin) qui deviendra une sommité de la scène punk locale, et met son art au service des Buzzcocks pour qui elle designe des pochettes, comme celle-là.



Elle sympathise avec un jeune homme timide, inaltérablement attiré par la scène punk, qui, pour le moment se contente d'être crititque rock en dilettante pour d'obscurs fanzines et accessoirement le chanteur de l'éphémère Nosebleeds, dont le batteur est aussi celui de Ludus. Avec Linder, Morrissey tombe amoureux (peut-être), passe son temps à errer dans Whalley Range mais surtout parmi les tombes de Southern Cemetery dans le quartier de West-Didsbury sur lesquelles ils rejouent les scènes de Billy Liar. La légende et l'anecdote s'arrêtent là.



Car si elle est aujourd'hui surtout connue des fans de Morrissey comme étant sa seule véritable amie, pour les pochettes qu'elle a réalisé pour lui et les photos qu'elle a prises, Linder a sa fascinante histoire à elle. Tête chantante de Ludus, elle était également une tête pensante, imprégnée du féminisme ambiant. Pour commencer, elle avait adapté le célèbre poème de Sylvia Plath, Daddy. De plus, sur une réédition de 2002 d'un double EP de Ludus, on trouve des titres aussi éloquents que The Visit, The Seduction, le très étonnant I Can't Swim I Have Nightmares, durant lequel elle s'écrie à plusieurs reprise qu'elle est 'in control". Le très bizarre Mother's Day parcouru de cris tribaux, ou encore Anatomy Is Not Destiny, Unveiled (A Woman’s Travelogue) et Herstory.



Son écriture est féroce et lyrique. Portée par la musique de Ludus, elle évoque l'intériorité et la place terrifiante occupée par les femmes dans le monde moderne. Son graphisme et ses collages également.

Linder
Pretty Girl Series
2006
Courtesy Stuart Shave/Modern Art, London


Très influencée par l'oeuvre de Pénélope Shuttle et Peter Redgrove, The Wise Wound, elle avait conçu une collection de bijoux menstruaux à base de tampons périodiques trempés dans de l'encre rouge. (Il paraît qu'elle avait fait une tentative avec du sang auparavant, mais la coagulation ne rendait pas comme il fallait). Il s'agissait de déplacer le concept du cycle féminin et le phénomène de la menstruation hors de la seule sphère biologique, dans laquelle ils sont relégués, pour en faire une expérience sacrée qui recouvre et célèbre les secrets de la féminité. Une pratique ancestrale si l'on en croit les auteurs qui expliquent dans un chapitre intitulé "Does The Moon Menstruate ?" qu'il y a 4 000 ans, les hommes fabriquaient déjà des bijoux menstruaux.

Le sommet de la brève carrière de Ludus reste indéniablement leur unique concert à l'Haçienda, salle mythique de Manchester, sur laquelle Linder est apparue vêtue d'une robe confectionnée avec de la viande crue qui s'ouvrait sur un énorme godmichet noir, tandis que ses copines de City Fun, un magazine d'art mancunien, jetaient des abats de poulet emballés dans des pages de magazines gay, sur le public, depuis le balcon. Des tampons et des cigarettes tachés d'encre rouge avaient grâcieusement été disposés dans les pissotières.

Pourquoi la carrière de Ludus est-elle morte-née, bien que le groupe soit remonté sur scène il y a quelques années ? Pourquoi Linder, aujourd'hui Linder Sterling, est-elle restée dans l'ombre bien qu'elle soit encore un peu une artiste parfois exposée ? Certainement parce qu'aussi bien qu'elle ne jouait pas de sa sensualité et de son pouvoir d'attraction sur son entourage, elle a refusé de se laisser aller à la facilité du succès, ni peut-être de se laisser asservir par l'industrie rock. Certainement aussi parce que Linder est de ces personnes qui drainent des possibles qui ne se réalisent pas. Plus inspiratrice que Pygmalion, elle promène un goût d'inachevé, ne tient aucune place ni dans le monde de l'art, ni dans celui de la musique. Seule l'amitié a su demeurer indefectible.

jeudi 16 octobre 2008

Qui êtes-vous, Trent Reznor ?

Aujourd'hui, lecteurs stupéfaits, j'ai décidé d'inaugurer une nouvelle série. La série des "Qui êtes vous ?" Pour commencer, j'évoquerai les gens, connus ou inconnus, que j'admire. Si j'ai de la chance, je pourrais même faire des interviews et/ou apporter un éclairage sur un problème de société par le truchement d'un témoin, de l'acteur d'une action ou autre.

D'accord, je ne fais pas dans l'originalité aujourd'hui. Il n'empêche que cela risque d'être passionnant.

Ce premier article (et au passage j'aimerais signaler à quel point je suis contente et émue d'inaugurer ma série avec lui) était au départ une commande passée à Sébastien. "Hmmm", me répondit Sébastien, comme il sait si bien le faire... Oué, bon, ok, j'ai compris !

Ma rencontre avec Trent Reznor fut sonore. Au début, je ne savais même pas qu'il était lui, je croyais qu'il était eux. Abscons et abyssal tout ça, tout à fait à son image. Trent Reznor n'est pas seulement un homme, il est aussi un groupe à lui tout seul, Nine Inch Nails (ne me demandez pas ce que signifie ce nom, je n'en sais rien. Neuf pouces d'ongles ? Si vous avez une idée, n'hésitez pas à poster un commentaire). J'ai entendu March of the Pigs à l'occasion de la sortie de son deuxième album, The Downward Spiral. Je n'y aurais probablement pas prêté attention si la chroniqueuse n'avait précisé que l'album entier avait été enregistré dans la maison où Sharon Tate avait été massacrée avec ses amis, et que justement March of the Pigs faisait référence à cet épisode. Les assassins avaient écrit "PIGS" avec le sang de leurs victimes sur les murs. Bigre ! Il faut être sacrément frappé pour retourner sur cette scène d'horreur afin d'enregistrer un disque. Toujours selon la chroniqueuse, Trent Reznor aurait déclaré qu'il avait senti des ondes dans cette maison et qu'elles avaient influencé le disque.

Au final, l'album The Downward Spiral est plutôt accessible pour du rock industriel, sans pour autant être mainstream. Les morceaux sont mélodieux, les textes poétiques, vénimeux et complètement désespérés. Trent Reznor y distille avec délice une violence tantôt contenue dans des chansons douces comme Piggy, tantôt débridée comme Mr Self-Destruct. Et malgré sa beauté fabuleuse, un sex appeal indéniable, Trent Reznor, à l'époque, ne jouait pas du tout sur ce registre et ne se mettait que rarement en avant. D'ailleurs, Courtney Love, partie en tournée avec lui, ne s'y était pas trompée mais Trent lui ayant fait manger un méchant râteau, elle l'a longtemps poursuivi de sa rage.

Trent Reznor, c'est aussi le mec qui s'est roulé dans la boue à Woodstock en 1994 avant de monter sur scène. Il a voulu ressembler au public, immergé dans la boue jusqu'au cou. Nombre de spectateurs tombaient et se retrouvaient momifiés. Ça a été l'idée la plus brillante du festival, en plus de la prestation qu'il a donné et qui reste dans les esprits.


Anecdotiquement, Trent Reznor a produit et lancé Marilyn Manson, il a produit la BO du film Natural Born Killers d'Oliver Stone, a participé à la BO de Lost Highway de David Lynch et a fait une magnifique reprise de Dead Souls de Joy Division pour la BO de The Crow.

A part ça, à part être totalement dingue, totalement poète, totalement spleeneur, totalement charismatique, Trent Reznor est un fou génial. Il va d'idée conceptuelle en créations artistiques démentes. Je vous laisse découvrir tout cela sur le site de Wikipédia, car je dois bien avouer que cet aspect de sa personnalité m'intéresse moins. Dans ses derniers albums, Trent Reznor projette ses visions morbides du monde dans un futur proche à coup d'albums puzzles à assembler, de morceaux à mixer soi-même, de sites internet pour reconstruire l'histoire qu'il n'a pas fini de raconter. Lui aussi dégoûté par l'inévitable armada marketing qui escorte chaque sortie d'album, il a, comme Radiohead, proposé un album en vente directe sur internet.

Depuis, Trent Reznor s'est fait couper les cheveux et a fait de la musculation. Selon Sébastien, c'est pour jouer de sa terrible et magnifique Gibson, une Les Paul que lui-même serait incapable de soulever. Bref, il a pris un coup de viril qui ne me parle plus beaucoup. Impossible cependant de ne pas rester touchée, fascinée par l'homme et par l'immense artiste.







Découvrez Nine Inch Nails!














Perfect Drug, figurant sur la BO de Lost Highway.




Johnny Cash a repris la chanson Hurt.


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